La règle zéro de l’édition

Ayé, je me suis encore fâché avec plein de gens (pour une valeur de “plein” égale à “deux”) sur Internet en republiant sur Google+ le dernier article de Lionel “Ploum” Dricot, Pourquoi vous devez utiliser AdBlock. Je ne reviendrai pas sur le sujet, vu que ma position n’a pas réellement évolué depuis la dernière fois que j’en ai causé.

Par contre, j’ai quand même envie de poser un argument qui me semble important, argument d’ailleurs appuyé par une lecture en cours (The Pirate’s Dilemna; j’y reviendrai quand je l’aurai terminé) et qui concerne la notion de publication.

On va faire simple: de mon point de vue, quand vous publiez un contenu, il cesse de vous appartenir. Plus complètement, en tous cas. Et c’est très bien comme ça.

Pour être plus précis, si, légalement, vous en êtes toujours l’auteur, vous n’avez plus aucun contrôle sur ce qu’il peut bien devenir. C’est ainsi depuis l’invention de l’art, le numérique a juste accéléré le mouvement et si vous êtes d’un avis contraire, je veux bien tenter d’être convaincu, mais je pense que vous vous bercez d’illusions.

Je me répète: c’est très bien ainsi. Si vous êtes créateur, il y a de grandes chances que ce soit parce que quelqu’un, avant vous, a publié quelque chose qui vous a touché et vous a donné envie de faire pareil. Et je suis prêt à parier que vous avez commencé en prenant l’œuvre originelle et en la triturant à votre sauce. Une sauce que l’auteur originel n’avait sans doute pas prévue (et sans doute pas souhaitée non plus).

Tout ceci pour dire qu’à mon avis, forcer les gens à payer pour un contenu est une Mauvaise Idée. Qui plus est, une Mauvaise Idée qui ne fonctionne pas, vu que le contenu peut très facilement être récupéré indépendamment de son média.

Vendre le média est probablement une meilleure idée, pour peu qu’il y ait de la valeur ajoutée qui intéresse le chaland. Certains créateurs l’ont compris, mais la plupart ont, j’ai l’impression, la fâcheuse tendance à penser comme les dot-coms des années 1990: 1. Créer du contenu. 2. ??? 3. Profit! Il y a une raison pour laquelle ce modèle s’est planté.

Créer du contenu et vendre quelque chose en ligne sont deux activités différentes. Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire les deux, mais qu’il faut bien comprendre qu’elles sont distinctes. Et, surtout, se reposer sur un modèle commercial qui est facilement contournable n’est pas du tout une bonne idée.

(Photo “Presse à épreuve et marbre” par Frédéric Bisson via Flickr sous licence Creative Commons.)

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