Dubrovnik, septembre 2015

La route dalmate

Cet article est le numéro 2 d'une série de 3 intitulée Croatie 2015
Entre Split et Dubrovnik, il y a deux cent vingt kilomètres. En gros. Soit on le fait en bateau, ça prend environ quatre heures, soit on le fait en bus et ça prend aussi environ quatre heures. Nous avons choisi le bus. Ce n’était peut-être pas l’idée la plus brillante du siècle.

Bon, j’avoue volontiers que les transports routiers et moi, on n’est pas copains. J’ai eu une enfance bercée par les suspensions hydropneumatiques et les microfuites d’essence dans l’habitacle, merci Citroën! Du coup, sans aller jusqu’à vomir partout, je ne suis pas à mon aise en voiture.

J’avoue aussi que, niveau confort, les bus croates sont très raisonnables. On n’a pas encore le wifi à bord (ce qui est heureux, quelque part; je suis déjà malade si j’essaye de lire), mais les sièges sont corrects et c’est climatisé.

En plus, la route permet de découvrir des paysages assez somptueux. C’est aussi l’occasion de s’exercer à la prononciation des noms de bleds que l’on traverse: le croate est une langue amusante où l’on met des accents sur les consonnes et où les J et – parfois – les R se comportent comme des voyelles.

Là où ça se gâte, c’est au niveau de la route. Pas qu’elle soit trop mal entretenue – j’ai connu des départementales françaises plus défoncées que ça – mais ce sont grosso-modo des routes de montagne, entre falaises et mer.

Une autre chose avec laquelle je ne suis pas copain, c’est la hauteur. J’ai un méchant vertige dès que le dénivelé dépasse les cinq mètres. Or, là, on est souvent dans des cas avec une bonne dizaine de mètres d’à-pic avec, soit une jolie crique avec des rochers bien pointus, soit un joli ravin avec les mêmes et des arbres en prime.

C’est là que rentre en jeu le troisième effet kisscool, à savoir les conducteurs croates – à commencer par ceux de notre bus. Visiblement, conduire un autocar rempli de passagers sur des routes de montagne avec le téléphone portable à l’oreille et une approche très discrétionnaire vis-à-vis des limitations de vitesse, c’est standard.

Certes, le guide avait raison: les bus croates partent et arrivent à l’heure – plus ou moins. Par contre, ce qui se passe entre les deux est à recouvrir d’un voile pudique – pas au même niveau que les routes éthiopiennes, mais quand même.

Imaginer une course-poursuite jamesbondienne sur ces routes est un exercice assez amusant – après coup. Le concept de ligne droite est quasiment inconnu, de même que les espaces de dépassement; les virages sont souvent sans visibilité et les villages traversés à grande vitesse.

En lieu et place des animaux exotiques, on compte un nombre alarmant de touristes qui traversent un peu n’importe comment (les autochtones sont visiblement moins suicidaires).

J’avais un peu l’impression de me retrouver dans une version caricaturale du Valais, la mer en plus. Et je ne vous parle pas de la radio locale, qui est coincée sur le mauvais bout des années 1980: si vous êtes fans de Modern Talking et de Cindy Lauper, vous allez kiffer. Sinon, il n’y a rien qu’une paire d’écouteurs et un lecteur MP3 ne peuvent régler.

Ah, dernière blague: gardez votre passeport à portée de main: la route passe en Bosnie-Herzégovine sur quelques kilomètres. Les Balkans par l’exemple, en quelque sorte.

La prochaine fois, je prendrai le bateau: à durée égale, c’est plus plat.

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Split, ou la vie de palaisDubrovnik; plage, vieilles pierres et Game of Thrones

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4 commentaires sur “La route dalmate”

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