Décidément, j’aime bien Cory Doctorow quand il parle de science-fiction. Son dernier article sur Locus Online, intitulé A Vocabulary for Speaking about the Future, est un excellent complément à un texte dont je vous avais précédemment parlé sur la science-fiction en tant que littérature du présent.

Son point de vue est que, si on croit que les auteurs des science-fiction s’essaient à prédire l’avenir (volontairement ou non), c’est le plus souvent le contraire. L’avenir n’est pas une sorte de train sur une voie unique qui ne peut qu’avancer dans une direction. Les auteurs de SF dénoncent, inspirent, exposent; ils mettent en avant les désirs et les craintes contemporains dans des histoires qui se déroulent dans un avenir fictif.

En fait, la science-fiction – et c’est là le cœur de l’article de Doctorow – crée ces futurs possibles en les mettant en forme. Parfois, elle le fait même en créant des mots qui n’existaient pas auparavant (il mentionne “orwellien”, mais on peut aussi parler de “robots”); à ce sujet, on peut également se rapporter à un article de io9, qui référence dix mots qui viennent de la science-fiction.

Quand on écrit de la science-fiction (même à un niveau semi-touriste, comme moi), c’est quelque chose qui est à mon avis important de garder à l’esprit. Si on a un chouïa de sensibilité, c’est sans doute quelque chose que l’on fait naturellement; sans vouloir me jeter des fleurs, je peux citer au moins trois thèmes contemporains dans Tigres Volants. Sinon, je pense que c’est ce qui différencie un ouvrage marquant d’un simple bouquin de SF lambda.

Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas quelque chose que l’on pourrait également transposer au médiéval fantastique. Si ça se trouve, la raison pour laquelle je n’aime pas/plus ce genre tient peut-être à ce qu’il ne me parle pas du présent comme la SF le fait.

(Photo par Jhayne Holmes via Flickr sous licence Creative Commons Noncommercial)

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