"La Synarchie", d'Olivier Dard

“La Synarchie”, d’Olivier Dard

Au cours de mes études d’histoire, j’ai eu l’occasion d’étudier les complots, les conspirations et autres sociétés secrètes. C’est pourquoi, quand j’en ai lu la chronique de Tristan Lhomme sur Hugin & Munin, j’ai eu envie de lire La Synarchie, signé de l’historien français Olivier Dard.

Sous titré “le mythe du complot permanent”, La Synarchie commence par présenter une affaire qui a secoué l’État français – Vichy, en d’autres termes – en 1941: la découverte d’un “complot synarchique” contre la nation et qui impliquait des hautes personnalités.

“Impliquerait” serait plus juste: le dossier contient du vide gonflé aux hormones antisémites, mais il est révélateur de plusieurs choses: d’abord, de l’ambiance délétère qui régnait au sein des cliques vichyssoises et, ensuite, de la capacité d’auto-alimentation des rumeurs de complot qui, entre logique circulaire et visions biaisées, ont tendance à tourner toutes seules, une fois lancées.

La force du bouquin d’Olivier Dard, c’est de démontrer – et démonter – les origines de cette “synarchie” et de ses acteurs. Car, à l’origine, il y a un vrai projet révolutionnaire, mais pas secret du tout, visant à créer un gouvernement mondial et rationnel. Bon, “rationnel”, mais impliquant quand même la religion chrétienne et, par la bande, le Roi du Monde et l’Agarttha.

L’auteur montre comment ce projet, porté par un seul homme – ou peu s’en faut – pétri d’ésotérisme, à la fin du XIXe siècle, a pu se transformer, dans les années 1930, en complot d’experts, avant d’exploser en 1941 puis, à la Libération, de fleurir en une charge contre la technocratie, teintée politiquement à l’extrême-gauche comme à l’extrême-droite.

Quand on s’intéresse à l’histoire en générale et à des phénomènes comme “l’histoire secrète” en particulier, il est fascinant de voir quels sont les mécanismes qui, partant d’une idée somme toute assez marginale et complètement dans l’esprit de l’époque, on peut arriver, à force d’amalgames et de mauvaise foi, à créer une construction fictive, mais qui a un impact sur le réel.

Rien que pour ça, je ne peux que plussoyer la conclusion de Tristan: ce petit bouquin – environ 250 pages au format poche, écrit petit, plus les appendices et les notes – vaut largement qu’on s’y attarde.

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