Lazuli: Réponse incongrue à l’inéluctable

Mettons fin tout de suite au suspens: l’écoute du nouvel album de Lazuli, Réponse incongrue à l’inéluctable, est pour moi la confirmation de ce que je pensais depuis que j’avais vu ce groupe en concert sous un chapiteau au fin fond du Valais profond: c’est grand! Le doute venait principalement de la différence entre les albums – biens, certes, mais juste biens – et l’expérience en concert, énorme.

Je soupçonne que la raison en est qu’avec ce troisième opus, Lazuli explose vraiment en tant que groupe original. Certes, l’influence du père Ange reste présente, mais elle n’est plus écrasante, comme sur les autres albums. Œdipe résolu? Allez savoir, mais les faits sont là: cette Réponse est l’album de la maturité et, surtout, de l’indépendance.

On retrouve dans cet album toute la gamme des sonorités surprenantes que Lazuli a l’habitude de distiller: le vibraphone, Warr Guitarr et stick Chapman et, bien sûr, la surprenante Léode, mais poussés ici dans leurs derniers retranchements. Lazuli a trouvé un ton et un son bien à lui, plus agressif, plus brut et en même temps beaucoup plus complexe. À se demander si le titre n’est pas en lui-même un clin d’œil dans ce sens (et on notera au passage que la pochette est une magnifique illustration de ce même titre).

Je vais être honnête: je n’aime pas tout, dans cet album, mais j’aurais mauvaise grâce à ne pas reconnaître le travail accompli, même sur les morceaux qui m’enthousiasment moins. Le sommet de l’album reste le triptyque « La belle noirceur » qui, comme son nom l’indique, est un joyau sombre, torturé et tout en progression – une progression vers des abîmes, mais une progression quand même.

Lazuli est un des tous meilleurs groupes de rock progressifs français et le monument qu’est cet album ne va pas faciliter la vie de ses concurrents. D’ailleurs, si vous êtes en Suisse romande, Lazuli passe aux Montreux Prog Nights le 7 novembre. C’est l’occasion de voir ce que donnent des monstres de scène avec un album énorme.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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