Blog à part le retour du remake du reboot reloaded (épisode IV)

Le jeu de rôle n’existe pas

Au titre, vous allez vous dire que, ayé, c’est encore tonton Alias qui trolle et que, décidément, c’est pas beau, la crise de la quarantaine chez les auteurs maudits. Ce n’est pas complètement faux, mais restez quand même avec moi cinq minutes et, si jamais j’ondule trop de la toiture, ça vous donnera toujours l’occasion de vous épancher en commentaires.

Ces temps, je vois fleurir polémiques et discussions sur ce qui est du jeu de rôle, ce qui n’en est pas, ce que ça devrait être et pourquoi le nouveau jeu de Trucmuche n’en est pas. Et pis d’ailleurs, Trucmuche est un sale con, mais passons.

Le problème que j’ai avec cette histoire, c’est que, si on regarde bien, les frontières du jeu de rôle sont devenues de plus en plus floues. D’une part, on a de plus en plus de jeux qui repoussent le modèle originel de “un meneur de jeu, N joueurs” et, d’autre part les mécanismes du jeu de rôle envahissent de plus en plus d’autres médias. Ce n’est d’ailleurs pas récent.

Donc, non seulement on a de plus en plus de mal à définir ce qu’est un jeu de rôle, mais ça devient également impossible de définir ce qu’est un joueur de jeu de rôle (j’allais dire “un rôliste”, mais je sais qu’il y a parmi les lecteurs de ce blog au moins un habitué qui hait ce terme avec l’intensité d’un millier de soleils). Par exemple, est-ce que quelqu’un qui joue deux fois par ans est encore un joueur de jeu de rôle? Et quelqu’un qui ne joue plus, mais qui lit encore des jeux?

Résultat des courses, personne ne sait combien sont réellement les joueurs de jeu de rôle. Personne. Les derniers chiffres, qui datent de l’époque où il y avait encore un Quid, parlaient de 100 000 joueurs, dont 10 000 passionnés en France – et c’était déjà sérieusement du doigt mouillé. Ce week-end, j’ai entendu le chiffre de 3 000 personnes, sans la moindre source. Pour un peu, c’est 1d20 x 1 000…

À ce stade, j’en viens à me dire qu’est un joueur de jeu de rôle quelqu’un qui se définit comme tel. J’ai déjà dit (et même écrit: c’est dans le prologue de Tigres Volants) que le jeu de rôle, c’est un jeu dans lequel on joue un rôle; j’ai aussi dit beaucoup de mal de jeux comme D&D. Après, on peut donner des exemples de jeu de rôle, narrativiste ou non, avec des figurines ou pas, sur ordinateur, en ligne, en livre dont vous êtes le héros, avec des cartes, etc.

L’humain n’aime pas les définitions floues, c’est entendu; je peux donc comprendre que certains se retranchent derrière des définitions passablement complexes et restrictives. Je reste cependant persuadé que ce n’est pas la bonne approche et qu’il vaudrait mieux ouvrir le plus possible la définition pour n’exclure personne.

Il me semble juste que, depuis quinze ans, il serait peut-être temps de voir que le milieu du jeu a passablement évolué et le contexte socioculturel également.

(Photo Rachel K. via Flickr, licence Creative Commons Non-Commercial Share-Alike.)

Pour soutenir Blog à part / Erdorin:

Blog à part est un blog sans publicité. Son contenu est distribué sous licence Creative Commons (CC-BY).

Si vous souhaitez me soutenir, vous pouvez me faire des micro-dons sur Flattr, sur Liberapay, sur MyTip ou sur uTip (si vous n'avez pas de sous, uTip propose également de visionner des pubs). Je suis également présent sur Tipeee pour des soutiens sur la longue durée.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

20 commentaires sur “Le jeu de rôle n’existe pas”

%d blogueurs aiment cette page :