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"Le Juge Ti", de Robert van Gulick

“Le Juge Ti”, de Robert van Gulick

Un peu par hasard, j’ai récupéré récemment quelques romans de la série Le Juge Ti, écrits principalement par l’auteur néerlandais et sinologue Robert van Gulick (1910–1967). Ce sont des romans policiers historiques que l’on peut rattacher à la tradition des “grands détectives” – Sherlock Holmes et consorts.

Quand je dis “historiques”, il faut comprendre, d’une part, que le “juge Ti” a réellement existé: Di Renjie était un magistrat impérial et politicien du VIIe siècle de notre ère, pendant la dynastie T’ang. Et que ces romans décrivent certes des enquêtes fictives, sises dans des villes bien souvent fictives elles aussi, mais dans un contexte historique précis et reconstitué par l’auteur.

Donc, pour le moment, j’ai lu Le fantôme du temple, une enquête autour d’un temple bouddhiste abandonné, et Le singe et le tigre, qui sont en fait deux romans courts. Le juge Ti est assisté de plusieurs lieutenants, notamment Ma Jong, une force de la nature dotée d’un cœur d’artichaut, le vieux sergent Hong ou Tao Gan. Ses enquêtes, ont souvent un côté flirtant avec le fantastique ou le surnaturel, mais elles sont juste très complexes.

Globalement, j’aime bien. Il y a dans ces bouquins une ambiance très dépaysante. La Chine du VIIe siècle est un grand empire – à peine plus petit que la taille actuelle de la Chine, même s’il y a beaucoup de fluctuations de frontière à cette époque. Il est doté d’une bureaucratie impressionnante, dont le juge Ti représente un des plus hauts rouages.

Les enquêtes sont souvent amusantes, dépeignant un monde de nantis avec leurs turpitudes et de bandits et vagabonds avec leurs codes. Je pourrais reprocher un côté paternaliste et moraliste à l’ensemble et des personnages féminins souvent actifs, mais pas mal sexualisés et finalement dans des rôles très secondaires.

Mais d’une part on parle ici de romans écrits dans les années soixante (avant que je ne sois né, c’est dire) et, d’autre part, le point de vue est souvent celui du juge, qui est un confucéen orthodoxe. Le contexte, toujours le contexte.

À noter que les romans sont illustrés dans un style “estampe chinoise” par l’auteur lui-même (qui aurait d’ailleurs mystifié son monde en vendant des estampes érotiques chinoises, garanties authentiques, mais probablement de sa propre main) et complétés par une postface (et parfois une préface) qui apporte quelques éclaircissements sur des éléments culturels.

Je me rends bien compte que deux ouvrages sur la petite vingtaine que compte l’œuvre de Robert van Gulik, c’est assez peu, mais j’ai l’impression que c’est assez pour me donner une idée. Le Juge Ti est une série de romans policiers historiques honnêtes, agréables à lire, dans un cadre original. Si vous êtes rôliste et que la période vous intéresse (et que vous ne les avez pas déjà lus, parce que c’est un classique), n’hésitez pas.

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