"Le Nombril du Monde", de Roland C. Wagner

“Le Nombril du Monde”, de Roland C. Wagner

J’avoue qu’une des raisons majeures pour avoir souscrit à la collection Les Saisons de l’Étrange, c’est la présence dans le premier lot de ce court roman de Roland C. Wagner, Le Nombril du Monde, réédition d’un texte paru en 1997. En plus du fait qu’il parle de rock et de fantastique.

On y suit d’abord L’Œil, bassiste dans un petit groupe qui fait des reprises hard-rock seventies et qui, au hasard d’un tremplin rock de seconde zone, croise la route d’une formation black-metal qui, soudainement, invoque un ectoplasme sur scène.

Hallucination de fin de soirée ou réel événement paranormal? Dans le doute et après avoir mené sa petite enquête, L’Œil appelle une ancienne copine, Yasmine, qui se trouve travailler pour l’Agence Arkham qui – vous l’aurez deviné à son nom – est spécialisée dans les enquêtes sur les phénomènes surnaturels.

À l’origine, Le Nombril du Monde est paru au sein d’une collection, Agence Arkham – Enquêtes dans l’étrange, qui a connu six volumes d’auteurs différents à la fin du XXe siècle. Dans ce roman, on ne voit guère que deux des protagonistes – Yasmine et, brièvement, Paul Sinclair.

On ne va pas se mentir: c’est loin d’être une œuvre majeure de Roland C. Wagner. Ça sent le roman alimentaire avec un cahier des charges minimaliste, qui permet à l’auteur de mettre en scène certaines de ses passions – à commencer par le rock.

Du coup, on a des personnages qui manquent de profondeur et des situations très clichés: le mégalithe aux propriétés mystiques (qui existe d’ailleurs vraiment), les satanistes plus paumés que réellement méchants, la société secrète scientiste et ses héritiers un peu naïfs, les craignos monsters, le rocker loser qui carbure à la binouze tiède dès le matin et les djeunz de la téci, machos et qui parlent trop un verlan de ouf, gros.

Mais, paradoxalement, l’ensemble dégage une ambiance particulière, un fantastique urbain entre le quotidien sordide des bars HLM et des bistrots-PMU, un volume de pastis, un volume de Kro et une pincée de méchant café soluble, saupoudré de lieux de pouvoirs indicibles et de créatures bizarres.

Qui plus est, avec vingt ans de décalage, on a parfois l’impression qu’il se déroule sur une autre planète – un monde où Internet et les téléphones portables ne sont pas encore ubiquitaires. Ah, le vingtième siècle!…

Au final, Le Nombril du Monde, c’est un peu du pulp premier prix, avec un héros un peu loser et une héroïne qui dépote. Pas désagréable, mais loin d’être transcendant. En toute honnêteté, si ce n’était pas 1) du Roland C. Wagner et 2) une histoire mêlant rock et fantastique – mon combo préféré – j’aurais sans doute été moins aimable.

D’autres avis chez Chut! Maman lit, Au pays des Cave Trolls, Limaginaria

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