Le Orme: La via della seta

En voyant le titre de ce billet sur La via della seta, dernier album en date des vétérans du rock progressive italiano Le Orme, j’entends déjà certains de mes confrères en progitude de balancer, sur un ton narquois, « c’est à c’t’heure-ci qu’t’arrives? »

J’avoue. Ce d’autant plus que ce n’est pas le premier album de ce groupe que j’acquiers, mais le précédent (acheté lors d’un séjour à Rome) m’avait laissé un souvenir si périssable que j’en ai oublié le titre. Ce n’est définitivement pas le cas de celui-ci.

Alors certes, il faut aimer le progressif à l’ancienne, sonorités vintage, grandes envolées de claviers à la Emerson Lake & Palmer (en moins tordu, quand même): les quarante minutes de cet album passent très vite, un peu comme une visite dans les années 1970, les grandes années du genre, mais retravaillées avec modernité. Et, pour une fois, les sonorités d’époque sont justifiées par les lointaines origines du groupe (près de quarante ans de musique).

Il faut également aimer le chant italien qui, pour les gens de ma génération, est souvent assimilé aux chanteurs pop qui pourrissaient les ondes radiophoniques à l’époque. Mais, d’une part, Jimmy Spitaleri (nouveau chanteur du groupe) est très bien – quoi que peut-être un peu trop emphatique – et, d’autre part, le chant n’est pas si présent, puisque la moitié des douze morceaux de La via della seta sont instrumentaux. Et quels instrumentaux! Surtout, quels claviers! Michele Bon est réellement excellent.

Ce concept-album sur la « route de la soie » est donc une belle réussite, qui combine un rock progressif certes d’inspiration vintage, mais servi par une brochette de musiciens de grand talent et une production irréprochable. Ceux qui ne connaissent pas Le Orme peuvent ainsi découvrir ce groupe emblématique d’un sous-genre du prog encore passablement obscur – encore plus obscur que le rock progressif de base, s’entend.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. François dit :

    Je suis allé sur le site en espérant pourvoir écouter quelques extraits, j’en ai encore mal aux yeux…

    • Alias dit :

      Ah, en effet. Désolé, je n’avais pas vu le désastre.

      Je n’ai pas trouvé de liens légaux, mais il existe quelques extraits douteux sur YouTube, sans parler des sites de téléchargement carrément illégaux.

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