Le Péage du Rock 2016

Le Péage du Rock 2016

Je crois que c’est la première fois, avec Le Péage du Rock, que je vais à un festival où je connais tous les groupes: Credo, MDS Monnaie de Singe, Antimatter, Lazuli et Vanden Plas.

Bon, c’est aussi la première fois que je viens au Péage du Rock, dont c’est la troisième édition. Le festival est visiblement l’affaire de passionnés, qui ont décidé de faire venir des groupes français et internationaux dans leur coin et ont monté avec enthousiasme un festival solide dans une belle salle.

C’est un peu un hasard: j’avais vu passer l’annonce, râlé sur le fait que c’était le même week-end qu’OctoGônes, avant de m’apercevoir que c’est à une demi-heure de train de Lyon. Et donc, me voici débarquant dans la petite gare du Péage-du-Roussillon, un bled qui m’est complètement inconnu, à chercher une salle improbable dans des rues désertes sous une pluie battante. Note pour plus tard: les petites villes françaises, le samedi autour de midi, c’est plus désert que Genève un dimanche.

Première constatation: très bon accueil. Déjà, les organisateurs m’ont proposé un passe photo, ce qui me rend tout joyeux de base; en plus, l’équipe est chaleureuse. Deuxième constatation: il n’y a que de la Kro, ce qui me rend moins joyeux. Mais bon, je ne suis pas non plus là pour picoler.

Avant le concert, j’ai l’occasion de sympathiser avec la fanzinosphère progressive française. Vu que je n’étais jamais allé dans un concert de prog en France (si l’on excepte Pendragon à Lyon, il y a vingt ans), je ne connaissais la plupart des titres que de nom. C’est l’occasion de mettre des visages sur des noms, se raconter des souvenirs d’anciens combattants et de se demander un instant qui d’autre que moi, dans la salle, n’a jamais joué dans un groupe de prog.

(Spéciale dédicace à Thierry Sportouche, du zine Acid Dragon et du groupe Silver Hunter, qui a bien voulu me ramener à mon hôtel après le concert.)

Le Péage du Rock – Credo

Credo au Péage du Rock 2016

Je n’ai pas trop le temps de me lancer dans d’autres considérations philosophiques et à peine celui de préparer mon matos photo, car voici que Credo monte sur scène. Formation britannique avec pas loin de vingt-cinq ans de scènes, je les avais découverts avec leur dernier album, Against Reason. Leur musique est un néo-prog très british, tendance Arena ou Marillion-des-débuts – un peu trop, à mon goût, d’ailleurs.

Sur scène, emmené par le très volubile Mark Colton, le groupe se révèle très à l’aise et lance la machine prog sur un ton enlevé, avec une grande maîtrise. Beaucoup de morceaux de Against Reason, of course, mais également quelques pistes de leurs deux précédents albums et même une du prochain, qui ne devrait pas tarder. On note la présence sur scène du clavier Mike Varty, qui évolue également chez Landmarq et Shadowland.

Le Péage du Rock – MDS

MDS Monnaie de Singe au Péage du Rock

Après ce démarrage très classique, ce sont les Auvergnats de MDS – Monnaie de Singe pour les intimes – qui se lancent. Là encore, c’est un groupe avec une grosse expérience, mais que je n’ai découvert que tout récemment, avec Error 404. L’album est d’ailleurs au cœur de la prestation, presque l’intégralité même. Musicalement, on est dans un registre bien moins classique, avec des éléments de post-rock et de trip-hop qui mêlent au progressif.

On dirait même qu’il y a presque deux formations distinctes: l’une emmenée par Philippe Glayat au chant, et l’autre par le duo Anne Gaëlle et Sophie Rumin. C’est un peu déroutant, mais là encore, l’expérience parle et le professionnalisme de MDS fait que le concert reste cohérent, avec des compos modernes et, en final, un « Heroes » de David Bowie interprété avec les enfants du Péage-de-Roussillon.

Le Péage du Rock – Antimatter

Antimatter au Péage du Rock

La deuxième formation anglaise de la soirée, c’est Antimatter et son rock progressif dépressif. Je suis un peu méchant, mais ce n’est pas trop ma came; on dirait du Anathema, mais en plus lent et en moins énergique. Cela dit, c’est un style et il faut dire ce qui est: le quatuor britannique, emmené par son chanteur-guitariste Mick Moss, arrive à tisser des ambiances impressionnantes.

Leur prestation est également centrée sur leur plus récent album, The Judas Table, et se conclut par une reprise de « Welcome to the Machine » de Pink Floyd absolument remarquable: l’original reste reconnaissable, mais la « patte » d’Antimatter est indéniablement présente. Une vraie reprise et pas un copier-coller, quoi.

Le Péage du Rock – Lazuli

Lazuli au Péage du Rock

Et c’est là que Lazuli monte sur scène. Ceux qui me suivent savent qu’il est inutile d’attendre la moindre objectivité de ma part: je considère ce groupe comme le meilleur qu’il m’est été donné de voir sur scène. Qu’ils jouent devant cinquante Valaisans bourrés ou devant dix mille fans de prog en folie, leurs concerts sont toujours des moments d’exception. Et cette prestation ne dépareillera pas.

J’avais été quelque peu dur avec leur dernier album Nos âmes saoûles, mais sur scène, c’est autre chose. Au reste, ce n’est pas tant cet album qui est au centre de ce concert, où surgissent « Je te laisse ce monde », « Déraille », « Le miroir aux alouettes », « Abîme »… Et, surtout, « Les courants ascendants » en final, repris en chœur par le public et repris également par le clavier et le batteur pour une impro grandiose.

Le Péage du Rock – Vanden Plas

Vanden Plas au Péage du Rock

Du coup, quand Vanden Plas déboule, j’ai un peu mal pour eux: passer après Lazuli, même si c’est pour conclure le festival, c’est un peu le cadeau empoisonné. Surtout qu’il est assez rapidement évident que les Allemands et leur metal symphonique-progressif autour de leurs deux concepts-albums Chronicles of the Immortals, ne sont pas exactement à leur place dans cet événement. Du coup, c’est un peu l’erreur de casting.

Oh, ils ne déméritent pas: c’est aussi un groupe qui a de la bouteille et qui fait jouer son professionnalisme, notamment en allant chercher quelques-uns de leurs titres les plus prog, comme « Scarlet Flower Fields », mais ils sont un peu trop dans un trip metal-qui-se-prend-au-sérieux. Du coup, j’ai l’impression que la sauce ne prend pas avec le public.

J’avoue: je n’ai pas vu la fin. J’ai dû quitter la salle avant la fin de leur concert pour ne pas retarder mon conducteur. Néanmoins, sur l’ensemble, ce festival est une vraie réussite. Malgré les quelques bémols mentionnés, la programmation était de haute tenue, le son et les éclairages de bonne, voire très bonne qualité et le public au rendez-vous. Oh, pas au point de remplir la salle jusqu’en haut des gradins, mais bien quelques centaines de personnes.

Pour ma part, j’en ai pris plein les oreilles – sauf quand j’étais près des enceintes, là j’avais des protections – plein les mirettes et plein les cartes-mémoires. Prochaine étape: trier 2200 photos; la galerie d’images, ce sera pour un peu plus tard. Mais, même si je n’ai dormi que dix heures ce week-end, je ne regrette rien!

EDIT: ma galerie d’images du Péage du Rock est sur Flickr, avec plus de 150 photos au final.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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1 réponse

  1. Palinca dit :

    Merci pour cette chronique bien sympathique.
    Un vrai festival dans un patelin improbable !

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