“Le T’Sank”, d’Alexis Flamand

Le T’Sank, premier tome du “Cycle d’Alamänder” signé Alexis Flamand, m’a chaudement été recommandé par un mien ami du nom de Dimitri Pawlowski (on se croise genre deux fois l’an, en conventions). Le fait qu’il travaille aux Éditions de l’Homme Sans Nom, qui publie ledit cycle, n’est sans doute pas un hasard total.

J’avoue: c’est encore un cas de moubourrage, l’objet m’ayant été vendu comme un mélange de fantasy et de steampunk ne se prenant pas au sérieux. Après la lecture de ce premier tome, je conclus que ce n’est qu’aux deux tiers exact, car j’attends encore de voir le côté steampunk du bidule.

Disons les choses ainsi: le monde d’Alamänder est un monde de fantasy, dans lequel certains peuples ont une approche plus basée sur la magie et d’autres, plus basés sur la technologie, mais ladite technologie ne semble pas beaucoup plus avancée que celle d’un Moyen-Âge tardif, sans même armes à feu.

On y suit les mésaventures de Jon, mage questeur d’un certain renom, dont la masure a le malheur de changer de royaume au cours d’un remaniement de frontière administratif et qui s’en va plaider sa cause auprès du souverain du fort belliqueux royaume de Kung-Bohr et se retrouve au milieu d’une conspiration impliquant des forces occultes.

En parallèle, on accompagne Maek, un jeune garçon fort sympathique quoiqu’un tantinet psychopathe dans sa quête d’une mythique école d’assassins qui voudrait bien l’accueillir. Quête qui passe par des champs de blés carnivores et des forêts de champignons bizarroïdes.

À vrai dire, on se demande parfois si l’auteur n’a pas précisément consommé quelques-uns de ces champignons: l’univers d’Alamänder est riche, très riche, peut-être même trop. Il y a un mélange de haute fantasy, avec ses légendes improbables, ses géographiques impossibles et ses dieux taquins, et de pragmatisme terre-à-terre qui est à la fois déroutant et réconfortant. Ça amène pas mal de décalage et, donc, d’humour dans le texte.

Car ce T’Sank est somme toute amusant, voire très drôle par moments. On sent dans la plume d’Alexis Flamand les influences venues de Terry Pratchett, de Douglas Adams et de Jack Vance. Et du jeu de rôles, comme le dévoile la référence au centre d’extermination le plus proche (et, je l’ai lu plus tard, une interview parue dans le numéro 10 de Di6dent). Le site officiel propose d’ailleurs une adaptation en jeu de rôles de l’univers d’Alamänder.

J’avoue avoir eu un peu peur au début: la plume est alerte et le délire plaisant, mais je craignais que ça ne tienne pas la distance. Au final, ça va, mais c’est parfois limite. Ce qui me gêne plus, c’est la dissociation entre les deux fils narratifs, celui de Jon et celui de Maek; on se doute bien que les deux finiront par se rejoindre et, Le T’Sank étant le premier volume d’une trilogie, que ce sera dans les prochains volumes, mais ça rend ce tome un peu bancal.

J’attends d’avoir lu les deux tomes suivants pour me faire une idée définitive du Cycle d’Alamänder, mais, dans l’absolu, je pars sur un préjugé très favorable.

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