Leech: The Stolen View

Un des trucs rigolos avec le rock progressif, c’est que c’est très international. À preuve, il y a même des groupes suisses, comme Leech, dont j’ai acheté le dernier album, The Stolen View. Là où ça devient rigolo, c’est qu’il m’a fallu passer par les critiques d’un prozine belge (Prog-résiste, pour ceux qui ne l’avaient pas reconnu) pour en arriver là, alors que c’est un groupe qui tourne depuis près de quinze ans et qui a seulement trois albums à son actif.

Cela m’a permis de constater plusieurs choses, la première étant que Leech fait un très bon rock progressif instrumental mâtiné de post-rock, à moins que ce ne soit le contraire. La seconde étant que, lors de leurs deux dernières tournées, ils ont accompagné des groupes comme Long Distance Calling et God Is An Astronaut et, surtout, que j’ai raté ça. Argh!

The Stolen View a des faux airs de EP avec ses six morceaux, mais il ne faut pas s’y fier: deux d’entre eux font certes une minute trente, mais deux autres dépassent les huit minutes et les deux derniers plafonnent à treize et dix-huit minutes, respectivement. Il y a de l’épique, et ce n’est pas de l’épique fail, c’est moi qui vous le dis! J’y ai même trouvé, avec “The Man With The Hammer”, mon thème personnel au bureau. Private joke. Ahem…

Musicalement, on trouve dans Leech des influences post-rock indéniables, mais plus à chercher du côté de God Is An Astronaut (dans leur période Tangerine Dream) que des gros lourds façon Isis ou Pelican. On y trouve également des inspirations à la Porcupine Tree, ce qui ne veut pas dire qu’on sombre en permanence dans le contemplatif: plusieurs morceaux font montre d’une belle énergie, en plus du talent de composition.

En fait, ce qui m’impressionne le plus dans Leech, c’est que j’ai un peu l’impression de trouver le chaînon manquant entre post-rock et rock prog. C’est quelque chose qui m’a souvent marqué: voilà deux genres musicaux qui n’ont pas grand-chose à voir entre eux a priori et qui, pourtant, se retrouvent régulièrement côte à côte dans les revues spécialisées. Leech prouvent que les passerelles sont bien réelles; il fallait être suisse pour les réconcilier.

Vous pouvez retrouver l’album sur leur site Bandcamp.

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