« L’enfant tombé des étoiles », de Robert A. Heinlein

"L'enfant tombé des étoiles", de Robert A. Heinlein

En continuant à fouiller dans notre bibliothèque, en préparation de notre déménagement, je suis tombé sur un autre bouquin de Robert Heinlein que je n’avais pas lu, L’enfant tombé des étoiles.

Roman publié à l’origine sous la forme d’un feuilleton, sous le titre anglais de The Star Beast, c’est une œuvre de 1954 qui serait classée aujourd’hui dans la littérature « jeune adulte ». Les deux protagonistes sont des adolescents et leur créature extra-terrestre, Lummox.

On y suit surtout cette dernière, une sorte de tricératops à huit pattes qui a tendance à tout bouffer et qui parle avec une voix de petite fille. Il appartient à un certain John Thomas Stuart, lycéen issu d’une longue lignée d’explorateurs; c’est d’ailleurs son arrière-arrière-grand-père qui l’avait ramenée d’un de ses voyages.

Le problème de Lummox, c’est qu’il est constamment affamé, plutôt intelligent, massif et à peu près indestructible – et qu’il commence à faire de sérieux dégâts, au point que les autorités locales songent sérieusement à le dézinguer. C’est à ce moment qu’intervient le Ministère des affaires spatiales.

Le gros défaut de cette édition française, c’est que le titre est un spoiler et le résumé de quatrième de couverture couvre environ 90% de l’histoire. Bravo les gars, bien joué!

Ceci mis à part, on a ici affaire à un court roman plutôt léger de ton, voire franchement drôle, mais un peu déroutant. En effet, hormis Lummox, les personnages qui ont le plus de « temps d’antenne » sont les fonctionnaires du Ministère, qui tentent de comprendre le mystère des origines de Lummox et qui se livrent au fil des pages à des assauts de machiavélisme pour parvenir à leurs fins.

On retrouve ici un des thèmes courants chez Heinlein: les jeux politiques qui corrompent tout, mais aussi la bureaucratie qui, en restant pragmatique et apolitique, fait en sorte que les choses se font comme elles doivent se faire. Ce sont des parties qui sont intéressantes par leur contenu, mais qui sont un peu trop marquées de la « patte » de Heinlein et de sa tendance à faire des dialogues kilométriques.

Par certains côtés, L’enfant tombé des étoiles est un texte qui est marqué du sceau de son époque, avec une science-fiction positiviste et des technologies qui nous paraissent joyeusement ringardes, soixante ans plus tard. Mais il a aussi pas mal de touches de modernité pas mal vues, surtout dans les relations entre cultures stellaires.

Il est un peu longuet, mais amusant et pas désagréable à lire.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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