“Les Lames du Cardinal”, de Pierre Pevel

Il m’a fallu un peu de temps avant d’appréhender la trilogie de romans de Pierre Pevel connue sous le nom de Les Lames du Cardinal. Ce n’est pas vraiment ma faute (OK, si : un peu), mais je me méfie des pastiches et des pavés.

Or, si on peut discuter du fait que ce soit un pastiche, c’est assez clairement un pavé et je n’ai craqué que lorsque l’éditeur a fait une promo en proposant une édition électronique de ces livres pour un vil prix.

Les Lames du Cardinal, c’est une sorte d’unité d’élite au service du Cardinal de Richelieu dans la France de Louis le treizième – mais une France sur laquelle plane la menace des dragons, une race ancienne qui cherche à précipiter l’Europe entière dans le chaos pour pouvoir y régner de nouveau. Trahis cinq ans auparavant par un des leurs pendant le siège de La Rochelle et démantelées par le Cardinal pour des motifs politiques, le groupe est reformé par ce dernier pour contrer une nouvelle menace sur le royaume.

Qui dit dragons, dit magie, mais si vous pensez trouver ici du médiéval-fantastique retravaillé à la mode mousquetaire, c’est plutôt le contraire : ce sont de vrais romans de cape et d’épée recouverts d’un glacis plus ou moins conséquent de fantastique, auquel je ne reprocherais que la légèreté de l’aspect uchronique.

Le peignète que je suis pourrait penser qu’un monde où existent des dragons prenant apparence humaine aurait évolué très différemment du nôtre. Mais c’est somme toute très secondaire, car la grande force de cette trilogie est qu’on y entre très facilement et qu’il est au contraire bien difficile d’en sortir autrement que par une lecture avide.

Complots, faits d’armes, intrigues, rebondissements, séduction, trahison et faux-semblants, l’action semble ne jamais s’arrêter et roule à tombeau ouvert vers un final apocalyptique. Les personnages sont également intéressants et bien campés; peut-être un peu trop archétypiques, mais ça va dans le sens du genre.

L’écriture est au service de l’action, mais également complètement calquée sur l’idée que je me fais de celle des grands romans de cape et d’épée – on pensera bien évidemment aux Trois Mousquetaires. Je dis « l’idée que je me fais », parce que n’en ayant pas lus, j’ai un peu du mal à être catégorique sur ce point.

Le vocabulaire et les figures de styles y sont pour beaucoup, même si on a parfois du mal à voir quoi il s’agit quand on ne connaît pas le jargon de l’escrime, par exemple. Là encore, dans le contexte, ça passe.

Un jeu de rôle est en préparation sur l’univers des Lames du Cardinal, c’est donc à mon avis le bon moment pour les amateurs d’aventures romanesques de cape, d’épée, de dragon et de magie de se ruer sur les trois volumes et les lire derechef. Je sors conquis de cette lecture et je vous les recommande avec enthousiasme.

L’avis (moins enthousiaste) du Traqueur Stellaire; plus positifs, ceux de Cédric et de Julien le Naufragé.

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