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“Les nouvelles aventures de Harry Dickson”, de Gérard Dôle

Il y a pas mal de petites marottes sur lesquelles je peux devenir un peu concon (par opposition à mon état normal: con tout court); le personnage de Harry Dickson en fait partie. C’est pourquoi, de passage à Trolls & Légendes (sur le stand du chanteur de Borrachoz, d’ailleurs), j’ai raflé les trois volumes des Nouvelles aventures de Harry Dickson signés Gérard Dôle et parus aux éditions Terres de Brume: Le vampyre des Grampians, Le loup-garou de Camberwell et Le diable de Pimlico. Je n’aurais peut-être pas dû: ils m’agacent.

Je me rends bien compte que le problème vient peut-être du fait que j’ai lu assez peu des histoires “originelles” (si on peut utiliser ce terme pour parler d’une série qui est passée entre tant de mains), mais là, j’ai l’impression de lire une caricature. Le grand détective est brutal, cruel et moqueur, son apprenti Tom Wills a tout de la demoiselle en détresse, façon potiche, et les intrigues se résolvent par tellement de deus ex machina qu’on a l’impression que la machine en question est un distributeur automatique bloqué en flux continu.

Cela dit, hormis des conclusions que n’auraient pas reniés les auteurs de Scooby-Doo, les intrigues en elles-mêmes sont loin d’être inintéressantes, mêlant motifs humains et sordides et une touche de fantastique horrifique. Pour le rôliste moyen en manque d’inspiration pulp, il y a là matière à quelques dizaines de scénarios dans le décor de la Grande-Bretagne de l’Entre deux guerres. Encore que ce décor reste singulièrement flou, sinon pour décrire des bas-fonds sanieux et une faune faite de marins cosmopolites, de chiffonniers errants et d’ouvriers immigrés (qui n’ont que là où aller).

C’est dommage, j’avais plutôt bien aimé, du même auteur, Les spectres de Cheyne Walk (dont on notera au passage que le titre suit le même format que ceux d’Harry Dickson), mais ces nouvelles du “Sherlock Holmes américain” me laissent plutôt froid – allez, disons tiède parce que merde, c’est quand même du pulp et Harry Dickson!

Si le personnage vous intéresse et, surtout, que vous cherchez une source d’inspiration pour des mystères sordides et fantastiques, de la fin du XIXe siècle à notre époque, alors ces trois recueils peuvent vous brancher. Pour ma part, j’en resterai à mon adaptation préférée – celle de Christian Vanderhaeghe (illustrée par Zanon) – qui tant qu’à remettre le personnage dans un contexte historique, y va plein pot avec sorciers nazis et Georgette Cuvelier en génie du mal et, surtout, transforme une accumulation de nouvelles en un feuilleton passionnant.

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