Les stats, le vampire

Bonjour, mon nom est Alias et je suis accro aux statistiques. (BONJOUR ALIAS!)

Ce n’est pas neuf. Sur mon premier site, déjà, il y avait le traditionnel compteur de visites. Ne riez pas: ça devait être aux alentours de 1992-1993. Aujourd’hui, on parle plus volontiers de Google Analytics, de Klout, de “likes” et autres PageRank. Je ne parlerai pas ici d’Alexia par pure charité.

Récemment, après avoir lu un énième article de Ploum sur le sujet (je sais, je suis très influençable, même quand il ne s’agit pas de rock progressif), j’ai décidé de fermer mon compte Klout (un article récent de Terence Eden a achevé de me convaincre du bien-fondé de la manœuvre) et de retirer mon blog de eBuzzing. Je n’en suis pas encore au stade zen préconisé par Ploum, mais je m’en approche.

Je reste néanmoins un accro aux statistiques de mon blog, que j’ai tendance à consulter plusieurs fois par jour; d’un côté, ça me donne certaine informations potentiellement pertinentes sur qui me lit et pourquoi, et de l’autre, c’est complètement nombriliste et je l’assume.

C’est aussi une source de lulz assez conséquente, notamment avec les requêtes de recherche, genre “je suis classé le troisième dans la classe”, “je quitte maintenant a demain” ou (mon préféré de ces derniers jours, et ce n’est même pas de la faute de Psychée, pour une fois) “ado initiée au bdsm”.

Néanmoins, entre ça (et Flattr, comme je l’expliquais il y a peu), il y a un risque d’effet pervers: ne plus écrire un blog, c’est à dire avec sa propre voix, mais écrire pour “les autres” ou, pour être plus précis, “des autres”. En d’autres termes, une forme de prostitution de l’expression au bénéfice d’un lectorat plus ou moins fantasmé, interprété à travers le PRISM (humour!) déformant de données statistiques à la pertinence douteuse.

Donc, si je résume, il faut connaître son lectorat; c’est une des données de base de l’écriture publique. Dans le même temps, il faut également rester authentique (ou être très doué pour faire semblant). C’est un peu paradoxal, mais personne n’a jamais dit que c’était trivial. Le plus difficile, c’est sans doute de faire la part des choses et ne pas se laisser embarquer dans des illusions de grandeur et de fortune. Un peu comme avec le jeu de rôle, en fait.

Dans tous les cas, les statistiques sont souvent un miroir aux alouettes dangereux: on ne sait pas vraiment comment elles fonctionnent, elles peuvent être facilement faussées par des manipulations ou des technologies inédites (est-ce qu’elles prennent en compte la lecture via flux RSS ou sur des applications ad hoc?) et, pour ne rien arranger, on ne sait pas trop ce que les “statisticiens” font avec les données ainsi collectées.

(Photo “How to lie with Statistics” © Selena Deckelmann via Flickr sous licence Creative Commons No Derivative.)

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