L’Escouade: Confidences de mouches

Dans notre série “qui êtes-vous et qu’avez-vous fait d’Alias?” et histoire de faire un contraste amusant avec les deux derniers albums chroniqués, je vais vous parler du groupe suisse L’Escouade et de son album Confidences de mouches, que l’on peut difficilement qualifier autrement que de chanson française.

Oui, je sais: la chanson française, c’est le Mal et, si ça ne tenait qu’à moi, je passerais tout le troupeau au napalm par principe de précaution. Certes, il y a des exceptions, à peu près aussi rares que mes moments de subtilité et de modération en matière musicale.

L’Escouade est une de ces exceptions et doit en grande partie ce titre à une glorieuse ascendance: Galaad, un des grands noms du prog en général et du prog suisse en particulier, et plus particulièrement Pierre-Yves “PY” Theurillat, son charismatique leader (c’est l’Escouade-leader).

En même temps, je ne vous cacherais pas que ce n’est parce qu’une ancienne gloire du néo-prog helvétique vient pousser la chansonnette que je vais virer ma cuti et acheter l’intégrale de Claude François et un billet pour le prochain concert de Sardou. Le jour où ça m’arrive, vous avez d’ailleurs l’autorisation expresse d’abréger mes souffrances.

Cela dit, même si L’Escouade ne fait pas du Galaad, le PY n’a pas perdu son timbre (on peut même dire qu’il est passablement timbré), ni son goût pour les textes poétiques et les jeux de mots. Il y a dans cette Escouade comme un parfum de Damien Saez (surtout sur “Chance”, dont le final rappellera également des souvenirs à ceux qui avaient aimé Premier février) – ce qui tombe d’ailleurs assez bien, puisque c’est également un des rares chanteurs que je supporte et des éléments qui flirtent de façon assez poussée avec le rock.

Un morceau mid-tempo comme “Traverser les bois”, avec ses harmonies vocales et son thème très atmosphérique, aurait très bien pu figurer sur un album de Galaad venu d’un univers parallèle. Il y a parfois des expérimentations bizarres, je pense notamment à “Écoute” ou à “Elle a”, qui part un peu dans tous les sens.

Et si l’ensemble rappelle beaucoup ce que j’ai pu entendre des éléments les moins casse-couille de la “nouvelle scène” française, plus qu’un chanteur, on a ici un groupe bien soudé, avec de la bouteille et qui propose des chansons de qualité, tant au niveau des textes que de la musique. Oh, certes, ça manque de double de batterie, d’acrobaties techniques et de tempos improbables, mais ce n’est pas non plus le sujet.

Donc, si vous n’êtes pas un métaleux fanatique ou un membre du Jihad bariolé progressif – ou, dans ce second cas, si vous avez sacrifié aux Dieux Obscurs dans l’espoir d’un successeur à Vae Victis –, l’Escouade est un groupe à découvrir. Confidences de mouches est commandable directement auprès du groupe (pour les résidents suisses).

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