L’Exoconférence

L'Exoconférence

Y’a-t-il de la vie dans l’univers ailleurs que sur notre planète? C’est autour de cette question que s’articule L’Exoconférence, le nouveau spectacle d’Alexandre Astier. Comme son nom l’indique, c’est une conférence; et, comme son auteur l’indique, c’est une conférence qui va quelque peu partir en vrille.

Ceux qui ont vu Que ma joie demeure! se trouveront ici en terrain de connaissance: on a un peu le même schéma, à savoir un protagoniste expert vaguement qui doit se farcir de la vulgarisation sur un sujet pas forcément très facile. Ici, la situation est rendue encore plus compliquée par les aléas de la technique, à savoir un système d’exploitation qui n’en fait qu’à sa tête.

Il fait reconnaître qu’Alexandre Astier est à son aise dans ce genre de personnage et de situation; d’un autre côté, il n’y a pas non plus beaucoup de surprises: on peut assez facilement calquer le scientifique anonyme de L’Exoconférence sur le personnage de Jean-Sébastien Bach de Que ma joie demeure! ou sur le roi Arthur de Kaamelott.

Du coup, si on n’entre pas dans ce trip fait de décalage, de digressions et de délire quelque peu décousu, on risque de passer à côté du spectacle. Personnellement, j’ai beaucoup ri – même quand il se moque des rôlistes (OK, surtout) – mais je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer certaines des ficelles du spectacle, parfois un peu trop visibles.

Ce qui est remarquable, c’est que l’aspect conférence, et donc vulgarisation, n’est pas complètement occulté par l’aspect comique. Astier nous livre des explications limpides sur le paradoxe de Fermi et sur les difficultés du voyage interstellaire – disons plutôt, son impossibilité, selon les lois de la physique telles que comprises aujourd’hui. La science-fiction reste encore de la fiction, de ce côté là.

J’ai beaucoup aimé le petit épisode musical final, qui rappelle qu’Alexandre Astier est aussi un fin musicien – et qu’il joue d’ailleurs quelque chose qui s’apparente un peu à du rock progressif instrumental, d’ailleurs. Les piques lancées vers les chaînes de la TNT spécialistes des émissions genre « Whatevers de l’Extrême » étaient elles aussi bien vues – et je parle en connaissance de cause.

Mention spéciale pour le démontage – répété – de la fameuse plaque de Pioneer 10, qui est un peu le leitmotiv du spectacle.

Je mentionnerai aussi que la première partie était assurée par Bruce Benamran, plus connu pour sa chaîne YouTube de vulgarisation scientifique « E-Penser », qui se livre ici en une petite demi-heure à un exercice en solo assez impressionnant de maîtrise.

Le spectacle était très sympathique, voire très bon par moments, mais je serais sans doute moins enthousiaste que beaucoup de ceux qui l’ont vu. Je suppose aussi que c’est une question de média: je suis devenu moins sensible aux spectacles comiques, avec l’âge.

Je soupçonne aussi que j’avais tellement lu et entendu de critiques positives sur L’Exoconférence que, même très bon, ça reste un spectacle en-dessous de mes attentes. Je ne suis pas déçu, comme l’a été François – peut-être aussi qu’après un an, Alexandre Astier a mieux rodé son spectacle.

Bonus: la bande-annonce

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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6 réponses

  1. Thias dit :

    J’ai l’impression que c’était l’avantage de voir ce spectacle en DVD, une version plus stable.
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    • Alias dit :

      Je ne suis pas certain que ça change quoi que ce soit, mais je n’ai pas vu la version en DVD (et je n’ai pas vu Que ma joie demeure! en live).

  2. J’ai vu les deux en live, j’aime beaucoup. Mais c’est vrai qu’il semble que Astier a rajouté 30mn de show entre la première et la seconde tournée.

    • Alias dit :

      Ah, c’est possible; note qu’on ne s’ennuie pas (enfin, je ne me suis pas ennuyé), ce n’est donc pas 30 minutes de trop.

  3. Patator dit :

    ah ben moi je me suis emmerdé sévère en regardant le spectacle en Dvd, me suis endormi sans même parvenir à esquisser un gloussement

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