"L'homme qui vendit la Lune", de Robert Heinlein

“L’homme qui vendit la Lune”, de Robert Heinlein

Le truc amusant, quand on se plonge dans certains auteurs dits “classiques” qui ont écrits à peu près à la même époque, c’est qu’on peut comparer les styles. Après avoir vu le premier tome de Fondation récemment, je me suis attaqué à L’homme qui vendit la Lune, de Robert Heinlein, un autre géant de la science-fiction des années 1940-1950.

À l’origine, L’homme qui vendit la Lune est une longue nouvelle. Je l’ai lue dans une édition française sous-titrée “Histoire du futur – Première époque”, accompagnée de plusieurs autres textes courts, parue chez Presses Pocket en 1978.

Même si les histoires sont indépendantes, elles se déroulent dans la même continuité et se répondent souvent. Cela donne une cohérence à l’ensemble, même si c’est une cohérence de contexte et non de narration. Elles se situent vingt ans dans l’avenir, au moment de l’écriture – c’est-à-dire dans les années 1970.

Sans surprise, ça a vieilli. Beaucoup. Et, par certains côtés, encore plus mal que Fondation. La faute en est principalement aux descriptions de technologies qui, aujourd’hui, sont soit complètement dépassées, soit complètement farfelues (comme les “routes roulantes”). Les relations sociales sont aussi complètement figées dans un schéma d’immédiate après-guerre.

Le style est aussi très lourd, composé de dialogues kilométriques (et desservi par une mise en forme qui alourdit encore plus la lecture) et de discussions techniques sans fin. Aucune ellipse, rien qui pourrait alléger la lecture; pour un peu, je soupçonnerais le Heinlein d’alors de tirer à la ligne pour arrondir ses cachets.

Mon bouquin préféré de Robert Heinlein, Stranger in a Strange Land, est écrit une dizaine d’années plus tard et a déjà un style bien plus lisible. Idem pour Starship Troopers, que je n’ai pas aimé.

Cependant, j’ai trouvé très intéressant que le thème de la corruptibilité des politiques et des juges revienne souvent dans les histoires. La nouvelle-titre est un exemple de cynisme économique et politique, certes pour un but noble, mais en utilisant des moyens qui sont spectaculairement amoraux.

Cela dit, le principal sentiment que je retire de la lecture de ce recueil, c’est de textes lourdingues et datés. Certes, il y a quelques pépites et des ides intéressantes, et les personnages sont plus développés, plus intéressants que dans Fondation, mais ça reste quand même un peu pénible à lire. Il faut souffrir pour être à jour dans ses classiques!

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