“L’insurrection qui vient”

J’en ai lu, des livres barrés, des pamphlets gauchistes, des visions d’apocalypse (au sens grec du terme) et des brûlots révolutionnaires! Mais un OVNI comme L’insurrection qui vient, jamais!

Rédigé par un collectif, sous le nom de “Comité invisible”, ce petit bouquin d’une centaine de pages doit une grande partie de sa notoriété à l’actuelle Ministre française de l’intérieur, qui n’a de cesse de vouloir le relier aux actes de sabotage sur les lignes TGV et l’affaire Julien Coupat. Cela dit, on peut comprendre qu’un tel ouvrage fasse quelque peu flipper les grands flics de France.

L’insurrection qui vient se compose de deux parties: dans les deux premiers tiers du livre, ses auteurs se livrent à une analyse brutale et accablante de la société occidentale en générale et française en particulier. Je ne vais pas tout détailler ici, mais la principale idée-force du livre est que la société occidentale, dans son ensemble, est en train de sacrifier sa substance pour essayer de continuer à exister en tant que forme seule. En d’autres termes, elle devient une culture universelle, mais vide. Et ce vide contamine toutes les couches de la société: la substance de toute chose disparaît au profit d’une image, d’une coquille vide.

On peut disserter à loisir sur la justesse de cette théorie, je dirais juste que, de mon point de vue, même si elle ratait sa cible, elle passerait suffisamment près pour que le déplacement d’air soit déstabilisant. Et ce n’est pas la moindre des forces de cet ouvrage, servi en outre par une écriture remarquable: j’y ai trouvé du souffle, du rythme, une certaine poésie et un côté nouvelle d’anticipation qui, franchement, change pas mal des pamphlets plus ou moins haineux lus récemment.

Je suis nettement moins enthousiaste sur la seconde partie: même si elle apparaît de façon logique en conclusion de l’analyse précédente, l’idée de “communes” autonomes me paraît être au mieux une utopie et, au pire, un piège du même genre que ceux que dénonce les auteurs de l’ouvrage. Sans même parler de l’idée d’insurrection armée, que je trouve par définition détestable; c’est mon côté petit-bourgeois impérialiste.

En parlant de petite bourgeoisie, j’ai lu la version du texte publiée par l’éditeur “La Fabrique“; comme le vrai r3b3lz que je suis, je l’ai acheté dans une grande chaîne de magasins multimédia dont le nom rime avec “Arnaque”, mais vous pouvez également le lire en ligne ou le télécharger (pirates!) depuis le lien au-dessus. Parce que, franchement, sept euros pour une centaine de pages, ça fait cher du Grand Soir!

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