Locrian: Infinite Dissolution

Locrian: Infinite Dissolution

Locrian est un duo originaire de Chicago, un de ces groupes sur lesquels on tombe un peu par hasard (OK, c’est grâce à Angry Metal Guy) et dont la musique – en l’occurence leur sixième album, Infinite Dissolution – qui vous laissent une impression étrange.

Infinite Dissolution, c’est un peu comme si on ouvrait un portail vers un autre monde, juste avant ou juste après une crise majeure qui aurait démontré que les grands bâtiments futuristes de verre et d’acier étaient en fait bâtis sur de la glace et de la rouille. Des mélodies aériennes, mais dans un air glacé et raréfié qui couperait comme un rasoir, ou comme de rares moments de grâce au milieu d’un cataclysme.

Principalement instrumental (si l’on excepte des hurlements lointains), Locrian propose une musique entre black-metal, post-metal et djent mélodique, avec des attaques d’électro. Il me rappelle un peu le Februus de Uneven Structure, en encore plus atmosphérique et plus mélodique, aussi.

Infinite Dissolution compte neuf pistes, flirtant parfois avec les sept-huit minutes, pour une durée totale de quarante-sept minutes. Ça pourrait être plus long, mais comme ça, c’est déjà très bien: suffisamment varié pour ne pas lasser, suffisamment serré pour être homogène. On pourrait dire que l’album est d’ailleurs divisé en trois parties, chacune conclue par un morceau – parfois très bizarre – intitulé « KXL ».

Je suis pas fan de tout l’album, mais dans sa globalité, Infinite Dissolution est réellement impressionnant. Je recommande particulièrement « Dark Shales », « The Future of Death » et « An Index of Air ». Au reste, il y a pas de mauvais morceaux, juste quelques passages plus faibles, où le souffle retombe un peu.

Même en faisant abstraction des « paroles » – les textes hurlés en arrière-plan – on a une musique qui raconte quelque chose, qui pose une ambiance. Pas vraiment très sympathique, l’ambiance, mais très explicite; les rôlistes amateurs de Apocalypse World pourront trouver, ici encore, une analogie musicale au malstrom psychique de ce jeu.

Je recommande donc à tous ceux qui n’ont pas peur de s’aventurer dans des mondes en perdition, voire déjà perdus, d’essayer Locrian: le voyage n’est pas toujours des plus confortable, mais les paysages valent le détour. L’album est à l’écoute et au téléchargement sur Bandcamp.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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