Lonely Robot: The Big Dream

Lonely Robot: The Big Dream

Le rock progressif est un genre qui a produit son lot de supergroupes – il est même possible qu’il soit à l’origine du terme. Lonely Robot est un de ces projets « all-stars » qui ont fleuri ces dernières années, projet que je découvre avec ce nouvel album The Big Dream.

Derrière Lonely Robot, il y a le guitariste, chanteur et compositeur britannique John Mitchell, qui est présent dans une foule de groupes (super ou non) de ces dernières années: It Bites, Frost*, Arena, Kino, etc. En gros, un peu tous les groupes de néo-prog tirant sur le classic-rock à gros son. Pour l’occasion, il s’est entouré de musiciens jouant avec Steven Wilson et Fish. Rien que.

Deuxième album d’une trilogie prévue, The Big Dream compte quatorze pistes et dure près d’une heure dix, en incluant un quart d’heure pour trois morceaux bonus. Les compositions dépassent rarement les six minutes.

Le concept, c’est celui d’un astronaute qui se réveille entouré de personnages à têtes d’animaux, une histoire que John Mitchell compare au Songe d’une nuit d’été; n’étant pas un spécialiste du Barde, je ne peux que le croire sur parole.

Quoiqu’il en soit, The Big Dream a – pour une fois – les atours d’un vrai concept-album, avec des thèmes qui se répètent. Même si ces thèmes sont surtout une narration centrée sur la relation entre le sommeil, le rêve et la mort. Reste que le son de l’album est remarquablement homogène. Peut-être un peu trop lisse.

En effet, s’il est clair que John Mitchell maîtrise à la perfection les codes du genre, il réalise ici un album qui est peut-être trop consensuel. C’est très bien foutu, pêchu quand il le faut, blindé de mélodies de haut vol et avec une dose incroyable de morceaux qui auraient fait la joie des stations FM il y a trente-cinq ans (et ma joie à moi aujourd’hui), l’ensemble a un petit côté artificiel, ou à tout le moins formulaïque. On prend la recette, on l’exécute, copier-coller et on repart.

Je chipote un peu et c’est un sentiment qui ne se développe qu’après de multiples écoutes, un peu comme si mon vieukon/prog-snob intérieur s’en voulait d’apprécier un album aussi « commercial ». Reste que Lonely Robot a tout de l’usine à tubes, façon Asia des deux premiers albums. Qu’on en juge par des pistes comme « Awakenings », « Sigma », « Everglow », l’instrumental « The Big Dream » ou « Hello World Goodbye » et sa voix féminine.

The Big Dream est un album qui parlera à tous ceux qui aiment les belles mélodies avec une touche de prog, une musique accessible et grand public qui ne renierait pas une certaine forme de complexité, mais sans se rouler dedans avec délectation. Il aurait pu être un peu plus mordant, mais en l’état c’est une écoute très agréable.

Bonus: deux vidéos pour le prix d’une (c’est-à-dire zéro, mais n’hésitez pas à flattrer), celles de « Sigma » et « Everglow »

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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