Long Distance Calling

Techniquement, cet album éponyme de Long Distance Calling est le troisième des post-rockers allemands, mais il vient également après un split avec Satellite Bay, donc on peut également dire que c’est le quatrième, mais aussi qu’on s’en fout: l’essentiel est ailleurs. Long Distance Calling – le groupe, donc – commence à avoir une certaine expérience et même une expérience certaine dans le domaine du post-rock et Long Distance Calling – l’album, donc – apparaît comme le signe de la maturité.

C’est une bonne et une mauvaise nouvelle: bonne nouvelle, car les mélodies et les instrumentations du groupe sont très travaillées et posées à la perfection, dans un style qui emprunte à la fois aux ambiances interstellaires de God Is an Astronaut et le côté plus carré d’un Monkey3; on peut même se faire une idée rapide de cette double inspiration avec les deux premiers morceaux de l’album, « Into the Black Wide Open » et « The Figrin D’an Boogle », respectivement; même les titres sont raccord.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’on a (enfin, j’ai) un peu l’impression qu’en gagnant en maturité, Long Distance Calling (caractères romains = le groupe) n’a pas vraiment progressé sur ses idées originales présentes sur le précédent album, Avoid the Light. Sans parler de régression, c’est plus un plateau stylistique qu’offre Long Distance Calling (italiques = l’album; ça va, vous suivez?).

Honnêtement, c’est loin d’être un plateau désagréable, avec ses morceaux longs (entre cinq minutes et demie et douze minutes) en grande partie instrumentaux, qui souvent se développent jusqu’à prendre une vie propre (je pense notamment à « Timebends », qui commence de façon totalement anecdotique pour aller vers une conclusion beaucoup plus enthousiasmante). On trouve la présence du chanteur John Bush (Armored Saint, Anthrax) sur un « Middleville » à l’ambiance bien plombée.

Avec Long Distance Calling, Long Distance Calling (vous avez compris le truc, hein?) ne réinvente ni la roue, ni la poudre, l’eau chaude ou une quelconque métaphore du même (post-)métal, mais propose un post-rock enthousiasmant qui oscille entre atmosphère et énergie. Ça ne révolutionnera (toujours) pas le genre, mais ça reste une des références du post-rock récent.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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