Look to Windward: Kepler

OK, celui-ci est bizarre, même selon mes critères: Look to Windward est un groupe néo-zélandais qui, s’il emprunte son nom à un roman de Iain M Banks (déjà un bon point), n’emprunte par contre son rock progressif bizarre et discordant à pas grand-monde. C’est un peu le gamin bizarre du quartier à qui on ne prête pas ses jouets car on sait qu’on va les retrouver dans un état pas racontable et vaguement inquiétant.

Kepler est leur troisième album – encore que parler de « deuxième EP en plus d’un album » serait plus juste, les deux EP étant très courts, genre moins de trente minutes. Quelque part, c’est assez heureux, car, comme mentionné, le rock progressif de Look to Windward mélange des influences free-jazz, death-métal et post-rock, avec l’adjonction de vocaux féminins et de cuivres, juste histoire de dire que c’était pas assez WTF autrement.

En quatre morceaux – trois de cinq minutes et un de près de douze – Kepler a de bonnes chances d’envoyer l’auditeur pas averti sur des orbites extrêmement peu conventionnelles. La Culture parlerait sans doute de « solution hors contexte », ou quelque chose dans ce goût-là.

Il faut par exemple écouter « Mantle », qui mélange allègrement claviers féminins et vocaux néo-prog à la Frequency Drift avec des growls. Et encore, « Mantle » reste encore assez plan-plan, par comparaison avec le très déconstruit « Glint », qui rajoute une section cuivre au bordel ambiant, ainsi que le très – peut-être trop – long morceau-titre. Même dans le chaos le plus absolu, on trouve dans cet album des gemmes de progressif.

Kepler est un album qui ne vous laissera pas indifférent – en fait, je pense qu’une grande partie de mes lecteurs vont sans doute le détester, parce que vraiment trop barré de la tête – mais il vaut la peine d’être écouté – voire téléchargé, vu qu’il est disponible en prix libre sur Bandcamp. Je en suis pas sûr moi-même de bien aimer ce que j’écoute, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas banal.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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