Looper

La sortie ciné du week-end a été consacrée à Looper, un film de science-fiction à base de voyage dans le temps qui, en apparence, ne paye pas de mine, mais a en fait pas mal de côtés sympathiques. Pas mal de côtés foireux également et, du coup, soit en arrive à entrer dans le film et on passe un bon moment, soit on coince et ça devient vite douloureux; j’étais dans la première catégorie, mais comme mes trois autres comparses étaient dans la seconde, le débat qui a suivi le film a été quelque peu houleux.

Le concept de base est que, en 2044, des tueurs, appelés “Loopers“, sont payés par le crime organisé trente ans dans le futur pour tuer et éliminer le corps de gêneurs, renvoyés dans le passé au moyen d’une technologie à sens unique et interdite. Les problèmes commencent lorsque le protagoniste – on peut difficilement parler de héros – “réceptionne” son moi futur (joué par Bruce Willis), qui s’enfuit.

Le premier aspect foireux du film, c’est le voyage dans le temps. Soyons clair: les histoires de déplacement temporel, c’est toujours un peu foireux et cette mouture, traitée sur un mode sombre et réaliste, n’échappe pas à la règle. Genre, on peut penser que le crime organisé aurait pas mal de choses plus intelligentes à faire que d’utiliser leurs chrono-bidules pour se débarrasser de leurs importuns. Mais passons.

Le deuxième aspect foireux de l’histoire, c’est qu’il est très difficile de s’attacher aux personnages: le protagoniste est puant, son moi futur a beau être réformé, il n’est pas beaucoup plus sympathique; la femme et son gamin – qui apparaissent au milieu du film, ce qui n’aide pas – sont à peine mieux mis en lumière par l’histoire. Le seul personnage intéressant est paradoxalement Kid Blue, le faire-valoir comique qui rate tout ce qu’il entreprend dans les grandes largeurs.

Cela dit, le film n’est quand même pas inintéressant, par exemple pour sa mise en scène un peu foutraque, mais diablement plus imaginative que la plupart des blockbusters vus récemment, et pour sa vision d’un monde sombre, à trente ans de distance, hanté par des hordes de vagabonds vivant dans des taudis ou des campements de fortune et une police aux ordres de la Maffia. Presque cyberpunk dans son côté high-tech and low-life.

Si j’avais envie de placer un jeu de mot à deux balles, je dirais que Looper est un film loupé, mais ce serait un peu trop méchant. Disons que, s’il avait été traité sur un autre mode, que ce soit celui du blockbuster décérébré où l’action à outrance pallie les lacunes du scénario ou dans celui de l’étude de personnages un peu plus développée, Looper aurait pu être le film parfait. Au lieu de cela, j’ai l’impression d’un bidule un peu le cul entre deux chaises et qui, au final, ne satisfait pas vraiment.

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