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« Luna: Wolf Moon », de Ian McDonald

« Luna: Wolf Moon », de Ian McDonald

Les « Cinq Dragons » lunaires ne sont plus que quatre: la famille Corta a été détruite, ses survivants font profil bas. Sauf un, qui va tenter l’impossible pour retrouver sa position et se venger. C’est ainsi que commence Luna: Wolf Moon, deuxième tome de la trilogie de Ian McDonald.

Wolf Moon nous propulse sur la Lune, en ce début de XXIIe siècle. Une Lune colonisée, industrialisée par une poignée de familles qui ont transformé le sous-sol du satellite en une société libertarienne, où tout est régi par des contrats et par les « quatre éléments » (eau, air, carbone et données).

L’aspect le plus important, c’est à quel point la Lune transforme ses habitants. La faible gravité en fait des mutants, les « Jo Moonbeam » – comme les Luniens appellent les nouveaux arrivants – ont tous un Jour lunaire, après lequel ils ne peuvent plus retourner sur Terre sous peine de voir la gravité écraser leur ossature.

Wolf Moon est clairement un tome de transition. Le cœur de l’histoire, c’est la vengeance d’un des derniers survivants de la famille Corta. Celui-ci va braver la gravité terrestre pour aller tisser des alliances qui vont complètement renverser la géopolitique lunienne. Reste à voir – dans le troisième tome – quelles seront les conséquences.

Les hasards du calendrier ont fait que j’ai lu ce deuxième tome dans la foulée d’une autre trilogie centrée sur la colonisation lunaire et d’une révolution, la BD Lune Rouge de la série uchronique Jour J. Ici, on est dans un registre nettement plus SF.

La Lune de Ian McDonald est un monde haut en couleurs, faite de décors naturels grandioses, de constructions humaines impressionnantes et de personnalités flamboyantes. Les habituelles citations dithyrambiques de couverture comparent la série à Game of Thrones; j’y vois aussi un côté très telenovellas.

Je ne dis pas ça pour vous faire peur. Dans Wolf Moon, il y a certes pas mal d’intrigues interpersonnelles, des coucheries pansexuelles et multiamoriques, des vengeances brutales, des ascensions sociales fulgurantes et des déchéances tout aussi brutales.

OK, y’a surtout ça. Mais dans le contexte de cette société lunaire, je trouve que ça passe crème. Ian McDonald réalise une très chouette synthèse entre hard-science et science-fiction à grand spectacle. Il y a ici un vrai sense of wonder qui renforce la tension de l’intrigue.

Quand j’avais chroniqué le premier tome, j’avais mentionné que l’intrigue était pour moi le point faible. Wolf Moon corrige ce point en force: dans ce deuxième volume, il se passe des Choses, plein. Je regrette juste que le « loup » du titre, Wagner Corta, ne soit pas plus présent.

Je compte bien entamer le troisième et dernier tome très vite; il est déjà sur ma table de nuit. Mais tel que c’est parti, cette trilogie Luna est partie pour être une réussite.

D’autres avis chez Chroniques (SEb) et l’indéboulonable Gromovar.

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