Marillion: Sounds That Can’t Be Made

Je me rappelle d’une époque où Marillion était mon BEST FAVORITE BESTEST BAND EVAR! ou quelque chose dans ce goût-là. Cette époque est aujourd’hui lointaine, mais, au risque de me pourrir ma réputation d’anti-nostalgique hardcore, je dois avouer que je retrouve toujours dans les albums récents, comme ce Songs That Can’t Be Made, quelque chose qui me renvoie à cette période.

Pourtant, le Marillion de 2012 est aussi éloigné temporellement que stylistiquement des acrobaties néo-prog sur fond d’écriture automatique de ses débuts. Le groupe donne en général plus dans un pop-rock imaginatif, certes, mais avec des attaches progressives plus symboliques qu’autre chose.

Pourtant, l’album s’ouvre sur quelque chose devenu rare au fil des années: un morceau de plus de dix-sept minutes, le très sombre et très prog « Gaza », avec ses multiples changements de tableaux. On a également droit à un « Montréal » de quatorze minutes, plus « The Sky Above The Rain », à dix minutes, le tout encadrant cinq autres morceaux de longueur plus classique (six-sept minutes, quand même).

Cela dit, on le sait: la longueur ne fait pas tout (blague eyldarin). Si, avec ces trois titres longs, Marillion renoue avec une facette plus progressive de sa musique, le reste de l’album m’enthousiasme  nettement moins.

Oh, ce n’est pas mauvais, c’est juste que, pour la plupart, les chansons tendent à donner dans un pop-rock qui ne m’émoustille pas vraiment la petite cuillère. Il y a du bon, comme le morceau-titre « Sounds That Can’t Be Made » ou « Power », mais il y a également de la bluette limite écœurante, comme « Pour My Love » ou « Lucky Man ».

Soyons clair: Sounds That Can’t Be Made ne vous rappellera pas Misplaced Childhood et ni « Gaza », ni « Montréal » sont les nouveaux « Grendel »; cette période est révolue depuis plus de vingt ans, passez à autre chose! Par contre, cet album rappelle plus volontiers un Brave ou un This Strange Engine. C’est plutôt une bonne nouvelle, même si j’ai toujours tendance à attendre plus et mieux de ce groupe.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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8 réponses

  1. JYves dit :

    Oulaa, oser affirmer qu’il ne s’agit pas de la 8eme merveille du monde, tu vas avoir des problèmes !… même conclusion: à trop en demander à ce groupe qui a sorti plusieurs perles, on a (j’ai) plutôt tendance aujourd’hui à être déçu que ravis.

    • Alias dit :

      Je soupçonne que, par rapport à certains rôlistes que je croise, sur ce site et ailleurs, les prog-heads les plus enragés sont à peu près aussi terrifiants qu’un paquet de guimauve oublié en plein soleil. 🙂

  2. Ghislain dit :

    Tiens, il n’y a pas de critique du double album Happyness Is The Road. En tout cas, je l’aime cet album, je l’ai encore écouté aujourd’hui et il me fait toujours autant voyager.
    Ghislain Articles récents…Jeux de Plateau et Salade d’EndiveMy Profile

    • Alias dit :

      Je ne sais quoi dire, je crois qu’il ne m’a pas laissé de souvenir impérissable, voire même pas de souvenir tout court…

  3. Marion dit :

    Il faut aussi reconnaitre qu’on aime souvent d’un groupe le premier disque qu’on a connu. Je parie que si cet album était ton premier de Marillion, il te plairait d’avantage.

    • Alias dit :

      Souvent; pas toujours. Je peux citer un certain nombre de groupes que j’ai connu à leurs débuts et qui se sont bonifiés avec l’âge. À commencer par Dream Theater et Nightwish…

  4. Frédéric dit :

    Fan de néon prog depuis 30 ans, je suis complètement d’accord avec « Alias ».

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