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Maserati: Pyramid of the Sun

J’ai un peu honte: je n’ai appris l’existence de Pyramid of the Sun, dernier album en date des Américains de Maserati, par un des moyens les plus détournés qui soit: un compte-rendu de concert dans Charlie-hebdo, qui plus est d’un concert à Lausanne. Ce qui me met vraiment la honte, c’est que je considère Maserati comme étant un des meilleurs groupes de post-rock, notamment via leur album Inventions for a New Season, sorti en 2007. Avoir pu perdre ce groupe de vue à ce point, c’est pas très flatteur pour ma réputation…

Je pourrais prétendre qu’ayant appris la mort de Jerry Fuchs, batteur et âme du groupe, j’avais présumé le groupe disparu avec lui, mais la vérité est que j’ai simplement zappé. Je me ferais bien hara-kiri avec un MP3 émoussé, mais c’est contre mes principes (en plus du fait que, du temps que je passe à travers la graisse, je suis encore là demain). Ma repentance consistera en vous parler de ce nouvel album, paru donc fin 2010 (ça va, je n’ai donc pas trop de retard) et qui est un autre remarquable exemple du style particulier de post-rock propre à Maserati.

On y retrouve les textures de guitares tissant des ambiances complexes et plombées sur des morceaux parfois très longs (jusqu’à huit minutes et plus), appuyés par une rythmique ultraprésente, une sorte de métronome qui appuie les mélodies et dont le groupe sait jouer pour ménager des pauses dans les compositions. Plus généralement, la musique de Maserati se distingue souvent par une dynamique propre et très communicative: on sent vraiment le côté road-movie, principalement alimenté par la rythmique, mais également par un sens de l’énergie dirigée vers un but commun. Maserati va quelque part et a une assez bonne idée d’où.

Les morceaux les plus typiques du côté post-rock sont le très intense “Pyramid of the Sun” et son pendant final “Pyramid of the Moon” (présent en bonus), “We’ve Got the System to Fight the System” ou “Oaxaca”. De ce point de vue, Pyramid of the Sun est le prolongement logique d’Inventions for a New Season. On y trouve aussi – et ça, c’est plus nouveau – des plages aux claviers qui rappellent furieusement Tangerine Dream ou, pour rester dans le style, la musique de God Is an Astronaut, comme par exemple l’intro the “Who Can Find the Beast?”, qui aurait pu sortir d’un album de Tangerine Dream des années 1980 (mes préférés!) et qui parfois se mélangent, comme dans le surprenant “They’ll No More Suffer from Thirst” (son pendant “They’ll No More Suffer from Hunger” est plus classiquement post-rock).

On mentionnera au passage le bizarre (mais pas désagréable) “Bye M’Friend Goodbye”, dernier morceau enregistré par Jerry Fuchs, qui conclut l’album (en tous cas sa version sans bonus) par un hommage sympathique et lumineux (assez dans le style God Is an Astronaut, en fait) au batteur disparu.

God Is an Astronaut avait déjà prouvé que le post-rock et le rock électronique des années 1980 étaient un combo gagnant et Maserati le prouve une fois de plus, avec une sensibilité nettement plus proche du post-rock: “two great tastes, that taste great together“. Pyramid of the Sun n’est peut-être pas la sensation qu’avait été pour moi Inventions for a New Season, mais c’est un excellent album, qui continue dans le style unique de Maserati tout en évoluant vers des rivages différents.

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