Mastodon: The Hunter

Encore un qui était attendu au tournant: The Hunter, nouvel album du quatuor américain Mastodon, allait-il se hisser à la hauteur de son glorieux prédécesseur Crack the Skye, renouer avec la brutalité bruitiste de Blood Mountain ou s’inspirer du semi-calamiteux Live at the Aragon?

La réponse est quelque part entre les trois, mais plus proche d’un Crack the Skye adouci, « vintagisé ». Si le métal teinté de post-rock et de rock progressif est toujours aussi présent, il s’enrichit d’une couche d’inspiration rock psychédélique qui rappelle un peu les groupes de hard-rock des années 1970.

C’est particulièrement flagrant sur des morceaux comme « Curl of the Burl », « Blasteroid » ou « Dry Bone Valley » et, de façon générale, au travers de la production de l’album, très saturée, comme assourdie et, pour tout dire, un peu bordélique. Les mélodies de Mastodon sont rarement simples et claires, une prod’ à l’étouffée n’arrange rien.

On retrouve dans « Stargasm », « All the Heavy Lifting » ou dans le morceau-titre certains des éléments qui faisaient le génie de Crack the Skye, comme les guitares en folie sur un rythme qui va à cent à l’heure, mais sans jamais atteindre la perfection de ce dernier. On trouve même, avec « Spectrelight », un brûlot qui n’aurait pas dépareillé dans Blood Mountain.

Le groupe se permet même de sérieux clins d’œil à Pink Floyd (« Creature Lives »), qui pourraient sembler étonnant dans l’absolu, mais qui collent remarquablement bien avec l’ambiance de l’album (et, de façon plus générale, avec certaines des sonorités de Mastodon).

Nouvelle direction? Accident de parcours? Digression nécessaire pour retrouver ses racines – à l’instar de Pain of Salvation et de ses deux Road Salt? Difficile de dire ce qu’il en est, sinon que The Hunter n’est pas exactement l’album de Mastodon qu’on attendait. Non que ce soit une mauvaise chose en soi, notez-le.

Du coup, The Hunter est un album qui laisse le fan un peu sur sa faim. Moins brutal, plus mélodique, mais également avec un son plus plat, il est loin d’être mauvais, mais il est loin d’avoir le génie de son prédécesseur studio.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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