“Le Mehnzotain”, d’Alexis Flamand

Avant de commencer ma chronique du Mehnzotain, deuxième tome du “Cycle d’Alamänder” d’Alexis Flamand, je tiens à signaler que je connais personnellement l’éditeur de ces bouquins et que j’ai rencontré leur auteur et discuté quelques temps avec lui. Donc, si la suite de cette note sent un peu trop le copinage, il y a des raisons. Après, c’est mon blog; si vous voulez de l’objectivité, lisez des sites sérieux!

Donc, Le Mehnzotain est très bien.

Développons: dans ce deuxième épisode, on retrouve peu ou prou les personnages du premier – Jonas Alamänder, le mage-détective, au service (forcé) du très pragmatique roi Ernst XXX de Kung-Böhr, la demoiselle Vance, son maître-espion, Eldrick, le courageux capitaine des gardes et Retzel, l’insupportable démon au “service” du mage. S’ajoute à cet ensemble Rachelle, une mage-mercenaire, compagne d’apprentissage de Jonas, dotée d’un solide sens des priorités, du genre “ma gueule d’abord”.

Là où les choses changent, c’est que les menaces du premier tome se développent en grand et, assez rapidement, la petite troupe va se retrouver au milieu d’emmerdes à grand spectacle impliquant le réveil d’un demi-dieu, pas moins de deux assassins, un savant fou en bocal, une guerre civile, une adaptation littéraire, le retour des précédents locataires de la cité et des trahisons en rafale.

Là où le premier posait surtout le décor et les protagonistes, ce deuxième tome du cycle – prévu en tétralogie – balance le lecteur en pleine action. Il corrige le principal défaut du précédent, à savoir la dissociation entre les deux trames narratives et amène son lot de révélations. Ah, et on a enfin droit à la partie steampunk que m’avait vendu l’éditeur.

Au niveau de l’écriture, on retrouve l’humour décalé du premier, au travers notamment de têtes de chapitres absurdes et d’un résumé introductif de toute beauté. Un modèle du genre! On sent aussi l’effort porté sur le contexte, lui aussi tout en décalage: un côté high-fantasy avec sa magie omniprésente, mais traité de façon très terre-à-terre, avec en prime des éléments de technologie et des mélanges improbables, comme les magigrammes et ses analogies informatiques.

S’il devait y avoir un défaut, c’est l’impression que l’ensemble traîne un peu en longueur, surtout dans ce qui devrait être des scènes d’action. Certains chapitres, comme l’assaut sur le coffre-fort magique ou la guerre civile sont certes passionnants à lire, mais j’ai éprouvé une impression de fatigue au bout d’un moment. À mon avis, ils auraient pu être rédigés de façon plus nerveuse, avec moins de descriptifs et plus d’ellipses.

Cela dit, on n’a pas affaire à un pavé indigeste, US-style: 400 pages bien tassées, c’est très gérable, surtout que ça reste très plaisant à lire. Du coup, l’a priori favorable du volume précédent se transforme en approbation franche – au reste, j’ai déjà acheté les deux tomes suivants.

Ma conclusion est donc qu’à mi-parcours, ce “Cycle d’Alamänder” est très bien. Il combine un monde extrêmement baroque, des personnages intéressants et bien barrés, et des situations où l’épique le dispute à l’absurde. Le tout avec une bonne dose d’humour. Que demander de plus?

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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