Mickey's Craziest Adventures

Mickey’s Craziest Adventures

Tout fini par arriver: trente-cinq ans après avoir acheté mon dernier Journal de Mickey, me voici à acheter un album de la souris la plus connue du monde. Mais comme je suis très XXIe siècle, c’est Mickey’s Craziest Adventures, un délire que l’on doit à Lewis Trondheim (scénario) et Nicolas Keramidas (dessin).

Le concept est déjà très meta à la base: l’album est censé être une reconstruction d’une série méconnue des années 1960, découverte dans un vide-grenier. Une collection partielle, avec des sautes d’épisodes et des pages déchirées, qui raconte une course-poursuite improbable, où Mickey et Donald partent à la chasse de tous les grands méchants de l’univers.

On y trouve un peu tous les poncifs de la version francisée, avec un Donald incompétent et râleur, Picsou toujours aussi tyrannique, des inventions délirantes de Géo Trouvetou, les Rapetou et Pat Hibulaire en alliés de circonstance pour voler l’or de Picsou et des cités perdues percluses de trésors, qui s’effondrent en gag récurrent.

Le pastiche est très réussi. Surtout, l’idée de prétendre qu’il s’agit d’une vraie série incomplète et partiellement reconstituée rajoute une couche supplémentaire de dynamisme à une histoire qui est déjà passablement survitaminée et enrichie par un dessin qui doit plus à Tex Avery – revu et corrigé pour notre époque – qu’au Walt Disney de l’époque.

On est complètement dans un esprit pulp (OK, post-pulp, techniquement), avec des aventures complètement improbables et des rebondissements à toutes les pages – complètement dans l’esprit du média, celui d’un feuilleton sérialisé en une page à la fois.

On pourra sans doute reprocher à Mickey’s Craziest Adventures de n’être qu’un exercice de style, comparable aux récents “Le [personnage] de…”, façon Valérian ou Lucky Luke. C’est sans doute vrai, mais c’est un exercice réussi, ce qui excuse pas mal de choses.

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