Microscope

Microscope, construire l’Histoire

Grâce à Roboduck, j’ai pu tester Microscope, un OVNI rôlistique que son auteur qualifie de “jeu de rôles fractal” et qui permet de recréer une Histoire, de celle qui a des majuscules et qui se déroule sur des dizaines d’années. Voire plus, si affinités.

Microscope n’est pas un jeu de rôles traditionnel, dans lequel on incarne des personnages qui agissent de façon libre dans un cadre fixé. Ici, c’est un peu le contraire: les joueurs construisent un cadre historique et, le cas échéant, jouer quelques saynètes.

Le jeu utilise à la fois des mécanismes qui empruntent au jeu de rôles – possibilité de jouer des scènes à la première personne, construction commune d’une narration – et d’autres qui sont plutôt héritées du jeu de plateau, comme des tours de jeu très structurés et une totale absence de consensus.

(Évidemment, on peut se poser la question de savoir si c’est encore du jeu de rôles. Mais bon, on s’en fout un peu, à vrai dire.)

Au cours de la partie, l’action principale consiste à créer des “périodes”, des “évènements” ou des “scènes”, sous formes de cartes:

  • Une période représente un laps de temps de plusieurs années, voire plusieurs décennies: une guerre, un règne ou autre.
  • Un évènement se rattache à une période et représente un point plus précis de l’histoire: une bataille, une élection.
  • Enfin, les scènes, qui se rattachent à un évènement, sont des moments encore plus précis, que l’on joue comme dans un jeu de rôles classique.

On peut donc “zoomer” sur un moment précis de l’histoire, ce qui explique le titre Microscope. Périodes, évènements et scènes forment donc une arborescence, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous:

Microscope: exemple de jeu
Microscope: exemple de jeu

Dans un premier temps, les joueurs décident d’un point de départ et un point de fin à leur histoire et ce qu’ils veulent – et ne veulent pas – y voir. La phase initiale est un des rares moments où les joueurs vont agir de concert. Ils posent ensuite une carte chacun, histoire de commencer à construire la narration.

Ensuite, à chaque tour, un joueur est la “lentille” (lens en anglais, là encore, en restant sur le titre du jeu): il donne le thème du tour et agit plus que les autres en posant deux cartes imbriquées (période et évènement ou évènement et scène); les autres joueurs posent chacun une carte de leur choix en rapport avec celles posées par la “lentille” et ce dernier conclut le tour par une dernière carte.

La dernière phase du tour, c’est celle de l’héritage, qui permet à un autre joueur de garder un thème qui va influencer ses prochains tours de jeu. Je is avouer qu’on n’est pas allé beaucoup plus loin, la faute à la fatigue.

Néanmoins, l’intérêt du jeu est donc de construire un univers cohérent et, de ce point de vue, les règles sont très bien foutues: elles donnent un cadre et une structure à la narration et permettent de dégager des thèmes. Je me demande même à quel point cela ne pourrait pas être un outil pour construire en solo son propre univers.

En l’état, Microscope est disponible à 10$ en PDF. Le cyberpalmipède, qui a également fait un premier compte-rendu du jeu sur son blog, mentionne une campagne de financement participatif pour Microscope Explorer (oui, moi aussi j’ai lu “Microsoft”) jusqu’au 5 aout.

(Photos par Roboduck, ou peu s’en faut: c’était son appareil photo, mais on a un peu tous joué avec.)

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