Moon Safari: [blomljud]

Cette fois, je ne vais pas vous faire le coup de “Moon Safari est un groupe génial et [blomljud] un excellent album et on ne m’avait rien dit”. Pas parce que ce n’est pas vrai, mais parce que je le savais depuis un petit moment (l’album est sorti en 2008 et un peu tous les critiques de rock prog étaient très enthousiastes; les extraits que j’en avais entendu semblaient le confirmer), mais parce qu’il m’a fallu un petit moment pour mettre la main sur l’album. Également parce qu’il serait bon que je me renouvelle un peu, d’ailleurs.

Je ne vais pas prolonger le suspense très longtemps – d’autant plus que je l’ai déjà dit dans le paragraphe précédent – et affirmer que [blomljud] (“le chant des fleurs” en suédois) est effectivement un excellent album de rock progressif. Moon Safari, avec ses faux airs de clone de Yes, propose en fait une musique qui s’inspire tout autant de la bande à Steve Howe, Jon Anderson et consorts et de ses confrères en progeries dinosauriennes des temps anciens que de groupes plus récents, comme le néo-prog des débuts de Pendragon, IQ ou Marillion. Le mot-clé étant “s’inspire de” et non “repompe éhontément”.

Ne nous leurrons pas non plus: Moon Safari n’est pas le groupe le plus original qu’ait pondu le rock progressif ces dix dernières années et, par moment, les influences que je mentionnais précédemment peuvent se faire fort présentes. Mais, sur l’ensemble de l’album – et [blomljud] ne fait pas moins de cent minutes –  ce ne sont que quelques instants: telle harmonie vocale, tel solo de clavier.

Parlons d’ailleurs des harmonies vocales: c’est un peu la marque de fabrique de Moon Safari, qui se permet même des morceaux a capella façon chants de Noël (ou, pour faire moins peur, Shadow Gallery). Très présents dans “Mathusalem’s Children” ou dans la fin de “Bluebells” (entre autres), c’est aussi la démonstration la plus évidente de la virtuosité des musiciens. Virtuosité plus collective qu’individuelle, d’ailleurs: il y a clairement d’excellents musiciens dans ce groupe, mais aucun – à part les voix, mais qui sont également un effort commun – qui ne domine l’ensemble.

Au reste, un autre point qui m’a impressionné dans cet album est la grande homogénéité musicale de l’ensemble: Moon Safari s’en tient à sa ligne musicale, qu’il décline en plusieurs variations, mais on n’a jamais l’impression d’entendre un morceau qui soit un intrus dans l’ensemble de l’album, ni d’entendre deux fois le même morceau. C’est une forme d’exploit, surtout quand on considère que trois chansons font plus de dix minutes, dont notamment le superbe “Other Half of the Sky” et ses 31 minutes de pur bonheur, et trois autres entre huit et dix minutes. Mention spéciale à l’instrumental quasi-oldfieldien “Moonwalk”.

Le seul défaut de cet album est bien mineur: c’est son abomifreuse illustration de pochette, qui me rappelle un peu trop d’horreurs dont le genre est hélas coutumier. Par rapport à l’ensemble, ça tient un peu de la faute de goût majeure, mais si on est capable de passer outre,  [blomljud] est à mon avis un des tous meilleurs albums de rock progressif de la période 2001-2010. Un nouvel album est d’ailleurs prévu cette année.

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