Moon Safari : Lover’s End

Dire que j’attendais ce nouvel album de Moon Safari, Lover’s End, est une litote. Hormis le fait que ça me permet de placer le mot « litote » dans une de mes chroniques, la raison de cette attente est à mettre au crédit du somptueux [blomljud], précédent opus du groupe suédois, que j’avais découvert plus tôt dans l’année, mais avec deux ans de retard.

Le gros défaut de ce genre d’attente, c’est qu’elles sont du bois dont on fait les déceptions. Ce qui est une métaphore douteuse, mais passons. Car, si Lover’s End est assurément un très bon album de rock progressif, je lui reprocherais volontiers un manque de folie. Les Suédois ont troqué le foisonnement foutraque et souvent jouissif de leurs précédents albums pour une musique plus posée, plus léchée, mais moins enthousiasmante.

Au reste, est-on vraiment sûr que ces Suédois sont de vrais Suédois de souche et non d’infâmes Californiens immigrés, transfuges d’un avatar méconnu des Beach Boys, convertis au rock progressif par on ne sait quelle épiphanie et qui viennent manger les meubles en kit des vrais Suédois de souche ?

Parce que franchement, quand on compare le climat scandinave à la musique lumineuse de Moon Safari, on est en droit de se poser des questions. Certes, l’inspiration Yes reste présente, notamment dans des notes de guitares rappelant le Steve Howe des « Gates of Delirium », mais la qualité première de Moon Safari – ses harmonies vocales remarquablement maîtrisées – se retrouve dans cet album, par exemple l’intro de « Southern Belle ».

Moon Safari confirme également son talent pour les compositions, avec des morceaux longs et complexes comme « A Kid Called Panic » et « Rubicon » ou plus courts, témoin le remarquable « The World’s Best Dreamers » qui propose un solo de clavier époustouflant. Je suis moins fan d’un morceau comme « New York City Summergirl », qui, sans être déplaisant, a un côté pop seventies que je goûte assez peu.

Lover’s End ne sera pas mon album de l’année 2010, comme je l’espérais. C’est un album plus qu’honnête, qui combine le rock progressif vintage d’inspiration yessienne et des sonorités plus modernes, rehaussées des harmonies vocales typique de l’identité de Moon Safari, mais je suis un peu déçu par le côté propret et sage de l’ensemble. À force de jouer la perfection, Moon Safari donne l’impression d’avoir oublié une partie de son âme en route ; dommage.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Eric dit :

    Alias,
    Sais-tu où je peux acheter les albums de Moon Safari?
    Par ailleurs, finalement, quel aura été ton album de prog rock préféré pour 2010?
    Eric

    • Alias dit :

      Je les ai pris sur iTunes, mais on le trouve aussi sur JustForKicks.de

      Sinon, l’album prog de l’année, je ne sais pas trop; Lover’s End est un assez bon candidat, ou alors Animals As Leaders en plus métal.

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