Muse: The Resistance

Je dois avouer que ce n’est pas moi qui ai découvert le dernier album du groupe anglais Muse, The Resistance, mais Madame mon épouse. Si j’avais la moindre notion d’honneur, c’est le genre de FAIL qui aurait entraîné un suicide rituel immédiat et douloureux. Disons que mon sens de l’honneur, ou ce qui en tient lieu, ne s’applique pas aux découvertes musicales, surtout quand elles impliquent du prog.

Bon, je sens que quelques millions de lecteurs, qui ont découvert Muse un éon ou deux avant moi, vont hurler et me jeter des objets lourds à la tête à la moindre mention de ce groupe associé au rock progressif – tonton Alias, ou “il voit du prog partout”. Ce n’est pas tout à fait faux, encore qu’entendre serait plus exact que voir, dans ce cas. Il n’empêche qu’à mon humble avis personnel à moi que j’ai, il y a clairement un côté prog: sinon dans la musique elle-même, mais dans l’éclectisme de la démarche.

En fait – et je pense que ces propos vont également me valoir une lapidation improvisée – cet album m’a surtout et d’abord rappelé un certain nombre de grands noms des années 1980, certains connus et d’autres moins: Ultravox pour “Uprising” ou “Guiding Light”, Alphaville dans “Resistance” et Queen pour “United States of Eurasia” (mais celui-ci, je soupçonne que je ne suis pas le seul). C’est parfois très subtil, comme les intonations de la voix de Matthew Bellamy, une mélodie en fond, parfois pas.

Il y a même des morceaux qui pourraient presque passer pour du prog authentique, comme “Natural Selection”, avec sa construction alambiquée et ses presque sept minutes, ainsi que la suite tripartite “Exogenesis” (un morceau de plus de douze minutes divisé en trois parties ne peut être que du prog).

Ce qui est le plus intéressant avec Muse, c’est à quel point le groupe peut explorer des styles différents et pourtant rester fidèle à sa personnalité. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, il y a une leçon à retenir pour moult groupes de prog de ma connaissance – vous savez de qui je parle, les ceusses qui ont les yeux fixés sur les années 1970 au point d’oublier l’époque dans laquelle ils vivent. Muse explore des âges musicaux éloignés et fort divers, mais en restant un groupe du XXIe siècle avec sa propre identité. C’est très fort.

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