Mutations, épisode 1

Mutations, épisode 1

Au large de la banquise qui, en cette fin de XXIe siècle, relie Madagascar au Mozambique, une flotte de navires de pêche est attaquée par des épaulards armés de missiles et de torpilles. C’est le début de ce premier épisode de Mutations, bande dessinée qui compose la “deuxième saison” de la série Mermaid Project.

On y retrouve Romane Pennac et Brahim El Malik, éjectés de leurs précédents emplois et qui se sont péniblement reconvertis comme détectives privés. Ils vivotent entre deux contrats minables et font face ensemble à la dèche et au racisme de leurs contemporains (sortir avec une blanche, ça ne se fait pas).

Jusqu’à ce que débarque l’ex-épouse d’El Malik, qui, au nom de l’ONU, propose de les réintégrer pour poursuivre leur enquête. Les voilà partis pour le Mozambique, pour s’intéresser à ces multiples attaques qui semblent impliquer des cétacés intelligents – mais pas que.

Lors de ma chronique sur le dernier épisode de Mermaid Project, j’ai longuement chouiné sur le côté sous-exploité du contexte et des enjeux, par rapport à une intrigue plan-plan, des retournements à deux sous et des mystères passés sous silence. J’aimerais dire que ces mauvais souvenirs sont désormais derrière moi, mais pas vraiment.

Bon, honnêtement, peut-être est-ce l’effet nouveautés, mais ce premier épisode de Mutations est quand même un cran au-dessus. Mais pas beaucoup plus, non plus. À mon avis, il y aurait matière à faire soit quelque chose de plus sérieux et subtil, soit y aller full pulp avec des trucs qui explosent toutes les quatre pages. En l’état, cette série fait un peu des deux et ce n’est pas assez.

J’ai déjà mentionné le contexte, comme penchant la balance du côté subtil et fouillé, mais il y a pas mal d’arguments pour que Mutations penche vers le pulp: des décors lointains et exotiques, des méchants mystérieux et qui ne reculent devant rien, des héros qui n’hésitent pas à monter des plans foireux et pas très réalistes.

D’autant plus que la planète a changé et que, rien que pour l’idée d’avoir un traîneau tiré par des hyènes des neiges, ça vaut le coup d’œil!

Si je suis un peu déçu, je ne vais pas lâcher l’affaire pour autant, d’autant que Fred Simon, aux pinceaux, a pris du niveau et son trait est plus affirmé. J’espère juste que le duo Léo / Corine Jamar va donner un peu plus de substance à leur histoire. Deux autres épisodes sont prévus, alors nous verrons bien.


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Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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