Naïve: Illuminatis

Il est donc là: Illuminatis, le nouvel album du trio de trip-hop métal français Naïve. Il m’attendait bien sagement dans ma boîte à lettres, reçu en pré-commande à mon retour de vacances. À ce stade, je vous dirais bien que, vous qui rentrez ici, abandonnez tout espoir d’objectivité, mais ici, c’est mon blog: vous devriez avoir l’habitude.

Pour ceux qui ne suivent pas – oui, vous deux, dans le fond, ne croyez pas que je ne vous ai pas vus! – l’année passée, Naïve m’avait foutu une énorme baffe musicale avec deux ans de retard et The End, leur premier album. Lorsque Illuminatis a été annoncé, la nouvelle a donné lieu à un gros FUCK YEAH!, ainsi qu’à une interrogation un poil mesquine: serait-il à la hauteur de son glorieux prédécesseur?

J’aurais tendance à répondre à cette question par un “oui, mais” tout aussi mesquin: en résumé, Illuminatis est semblable, mais différent. Semblable, dans sa démarche musicale qui amalgame métal, rock progressif et trip-hop, mais différent dans le résultat final. Il y a du mieux, il y a du moins bien; les choses changent, mais restent pareilles, sous une photo de couverture impressionnante.

De façon générale, je trouve Illuminatis un poil plus râpeux et moins planant, un poil plus expérimental, mais également un poil moins maîtrisé par moments, surtout dans les parties vocales. Plus contrasté, aussi, comme en témoigne l’énorme “Transoceanic” qui ouvre l’album sur une note atmosphérique parcourue de riffs velus, un peu comme un rêve de fièvre.

“Belly”, qui suit, est beaucoup plus viscéral, plus métal: ça râpe, ça attaque, ça hurle. C’est un morceau qui n’a pas vraiment son équivalent dans The End, même si on y retrouve des éléments connus. C’est aussi le plus court de l’album, puisqu’il ne fait que six minutes. Que.

Le morceau suivant, “Focus”, commence sur une note bluesy et se poursuit dans un style plus calme, qui me rappelle les morceaux les plus introspectifs des Fields of the Nephilim, avec une touche orientalisante. Ce n’est pas le cas de “Luna Militis”, magnum opus de l’album avec près de treize minutes, qui embraye la surmultipliée et lance les grosses guitares, sans oublier un passage quasi hip-hop. C’est probablement le morceau le plus représentatif de l’album; le plus impressionnant, aussi.

“Circles” démarre sur une base électronique, façon Tangerine Dream de la fin des années 1980 (ce n’est pas une mauvaise chose, notez), avant de partir dans un mélange métal-électro des plus réussi. Autre morceau aux sonorités électro, “The Ropes” part sur une base similaire, mais un peu différente, plus atmosphérique, hypnotique, et non moins excellente.

Je suis plus réservé la dernière piste de l’album, “Illuminatis” et ses dix minutes. Certes, le morceau comporte de bons moments, mais il compte également un certain nombre d’éléments qui m’agacent, surtout des parties vocales qui sonnent bien moins maîtrisées (on dirait presque que le chanteur y caricature ses propres maniérismes) qu’ailleurs dans cet album. C’est un peu dommage pour le morceau-titre.

Qu’on ne s’y trompe pas: Illuminatis est un excellent album, qui confirme que Naïve est sans doute un des groupes les plus originaux de la scène métal et général et prog-métal en particulier. Je le classerais néanmoins un cran en-dessous de The End, qui m’avait paru mieux maîtrisé et plus homogène (sans doute que l’élément de surprise joue aussi). Mais que ça ne vous empêche de vous y intéresser de très près: il devrait être en vente autour du 8 octobre.

Naïve, c’est de la bonne!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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8 réponses

  1. Thirionet dit :

    Chroniqueur de l’équipe de Music In Belgium, je m’occupe actuellement du nouvel album de Naîve.
    Je publierai un papier sur notre site dans quelques jours.
    A+ Philippe.

  2. Thirionet dit :

    Chronique du nouvel album de Naïve à compulser sur notre site : wwww.musicinbelgium.net
    Bonne lecture, Philippe.
    Thirionet Articles récents…Chronique: CAPALDI, Jim – Some come runningMy Profile

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