Naïve: Remixes

Quand j’ai appris que Naïve avait sorti un nouvel album, j’ai fait des petits bonds partout. Heureusement, ce n’était pas au bureau; j’aurais eu l’air fin. Plus que d’habitude, s’entend. Quand je me suis aperçu que c’était un album de remix – d’ailleurs appelé Remixes – mon enthousiasme a été quelque peu douché.

Il faut dire deux choses: d’abord, je suis un gros FBDM de Naïve. J’imagine que vous le saviez déjà, comme vous avez pu ensuite déduire de mon précédent paragraphe que je suis beaucoup plus circonspect sur l’exercice du remix. Si le morceau était bien, quel est l’intérêt de le triturer pour en faire quelque chose de presque pareil sauf que non?

Cela dit, je mentirais si le concept ne m’intéressait pas, paradoxalement. J’avais déjà parlé dans ces lignes de la culture du remix et de son intérêt quand on étudie la notion de culture libre. Et puis, bon, je suis donc un gros FBDM de Naïve, donc j’ai acheté (en prix libre, ce qui est encore plus cool) et téléchargé Remixes.

Eh bien après plusieurs écoutes, dont une au casque, je dois avouer que cet album m’a permis de redécouvrir dix morceaux – certes revus et corrigés par d’autres artistes de la scène métal/électro (au rang desquels on trouve quand même Prohom et Sidilarsen), mais qui, par leur travail, mettent en lumière les lignes de force des pistes originelles.

Au final, les dix pistes de Remixes sont plutôt fidèles à leurs originaux respectifs; on retrouve, sur un mode mineur le mélange brutal et planant, avec un aspect électro nettement renforcé: du « Belly » aux accents vaguement dubstep de Undergang à la version électro-métal de « Your Own Princess » par Sidilarsen, en passant par l’excellent « Focus » de Prohom, très proche de l’original.

Il y a aussi quelques surprises, comme une partie chantée en français sur « To Live and to Die for » de Da Sexuality ou – moins bonne – la version très raccourcie de « Luna Militis » par Pone, mais, l’un dans l’autre, il n’y a vraiment pas grand-chose à jeter.

Oh, bien sûr, ce n’est pas vraiment du Naïve, mais pour moi, ça reste une expérience intéressante, un prolongement de l’univers sonore du groupe dans d’autres registres. Et, en parlant d’univers, ne manquez pas la superbe illustration de la pochette, qui est elle aussi dans la droite ligne graphique du groupe.

À mon avis, Remixes s’adresse avant tout aux fans de Naïve – et encore, à ceux qui sont prêts à accepter ce que d’aucuns considèreraient comme une hérésie. Mais, pour le prix – libre, rappelons-le – et pour la qualité, les esprits curieux auraient tort de se priver.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

%d blogueurs aiment cette page :