Ne Obliviscaris: Urn

Ne Obliviscaris: Urn

Dernier opus de notre série mélodeath, voici Urn, le nouvel album de Ne Obliviscaris. Il y a une raison pour laquelle j’en parle en dernier: c’est du metal progressif brutal, du secoué de première force!

Je vous avais déjà mentionné ce groupe australien à l’occasion de leur précédent opus, Citadel. Déjà à l’époque, j’avais attiré votre attention sur le fait que leur musique pouvait se définir comme 50% death, 50% folk et 50% prog. Là, je pense que les proportions sont passées à 60%. Oui, chacune.

Urn est un album hors norme, déjà en ce qui concerne son format: quatre pistes, dont deux en deux parties, la plus courte faisant sept minutes et demie et les trois autres dépassant allègrement les dix-douze minutes. Au total, l’album dure trois quarts d’heure, mais parait bien plus long.

Le croisement entre death-metal et violons et déjà en lui-même assez déroutant, mais s’y ajoutent un duo de voix – l’une claire et volontiers lyrique, l’autre growl et bestiale – sur fond de constructions plus que complexes.

Autant dire que Ne Obliviscaris ne fait pas exactement une musique d’approche facile: c’est plutôt le chat sauvage qui squatte au fond de votre jardin, qui se bastonne avec votre vieux matou domestique à une heure du matin et qui fait des bruits d’outre-monde quand vous essayez de l’approcher. Et qui pourtant se déplace avec majesté et élégance.

Métaphores foireuses mises à part, Urn est un album paradoxal: il est abominablement tarabiscoté, avec des passages de folie pure et des instants de grâce. Le qualificatif de “mélodique” ne s’applique pas à toutes les parties de cet opus, mieux vaut le savoir d’avance. Il y a un petit côté Indukti dans cet album, mais en plus barré. À vrai dire, la pochette est un bon indice: la beauté, certes, mais avec les tentacules, le feu et le néant.

Intellectuellement, je suis plutôt sensible à la démarche de Ne Obliviscaris: c’est clairement pas banal – et puis il y a des violons. Par contre, au niveau pur plaisir d’écoute, je dois avouer que c’est nettement plus mitigé.

Au final, je ne recommanderais Urn qu’aux auditeurs les plus avertis, ceux capables de faire face à une tornade musicale aussi complexe qu’imprévisible. L’album est sur Bandcamp, rien ne vous empêche donc d’écouter par vous-même, mais n’allez pas dire que je ne vous avais pas prévenus!


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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