« Necessary Evil », de Ian Tregillis

« Necessary Evil », de Ian Tregillis

Dernier tome du « tryptique Milkweed », Necessary Evil, de Ian Tregillis est donc la conclusion de la série de romans uchroniques (après Bitter Seeds et The Coldest War) qui pourrait se résumer par « X-Men nazis contre magie noire britannique ».

À vrai dire, il est assez difficile de parler de ce roman sans dévoiler des éléments importants de l’intrigue, ainsi que de celle du précédent volume, The Coldest War; je recommanderais donc à ceux qui ne l’ont pas encore lu de passer leur chemin s’ils ne veulent pas se faire gâcher le plaisir de la découverte.

Avertissement gratuit, donc (mais la maison accepte les dons).

Or donc, dans Necessary Evil, on retrouve l’agent britannique Raybould Marsh. Ainsi que Raybould Marsh, puisque le héros des deux précédents tome, seul survivant d’un monde détruit par les Eidolons, se retrouve propulsé vingt-trois ans en arrière, au moment où tout a commencé – ou presque – et doit jouer au chat et à la souris avec son alter-ego presque-jeune et presque-innocent de l’époque.

Les histoires à base de voyage temporel sont toujours casse-gueule, mais je trouve que, pour le coup, Ian Tregillis s’en tire plutôt pas mal, principalement par une approche très pragmatique de la question. Quand le Marsh du passé rencontre le Marsh de l’avenir, il se passe juste que deux personnes discutent et c’est tout. La mécanique du voyage temporel en elle-même n’est pas très importante, les vrais enjeux sont ailleurs.

Bien évidemment, rien n’est simple, surtout quand on a comme « alliée » une fille cinglée qui peut voir l’avenir – tous les avenirs, ou peu s’en faut – et qui a son propre agenda (notamment amoureux, quitte à envoyer des bombardiers aplatir sa rivale). Et qu’il y a le léger détail d’une Guerre mondiale en cours.

Du coup, « Marsh-l’ancien » se démène pour manipuler son ami Will Beauclerck, son alter-ego de 1940 et même son épouse pour, d’une part, détruire les créatures de von Westarp, le savant fou à l’origine des surhommes nazis et, d’autre part, empêcher que la Grande-Bretagne ne recoure à l’aide des sorciers et à leur « prix du sang » qui finira par perdre l’humanité toute entière.

Du coup, on a quand même une série qui est noire, voire très noire, par moments; c’est la guerre et pas celle du cinéma et la notion de “mal nécessaire” qui transparaît dans le titre est centrale à toute cette histoire. Churchill aurait dit “si Hitler envahissait l’Enfer, j’aurais un mot gentil pour le Diable”, Ian Tregillis semble le prendre au mot et répondre avec l’allégorie de la longue cuillère. Au reste, les seuls moments un peu légers sont à chercher du côté de l’attitude très british de certains protagonistes.

J’ai quelque peu souri en pensant que Necessary Evil jouait sur un peu les mêmes ressorts que je suis en train de développer sur le projet « Alt-Edorin », à savoir une uchronie d’uchronie qui conduit à notre monde tel que nous le connaissons, même si je n’ai pas les mêmes ambitions.

Toute anecdote mise à part, la conclusion proposée par Necessary Evil est plutôt satisfaisante et clôt ce « tryptique Milkweed » de fort belle façon, même si les thèmes et les événements ne sont pas toujours très élégants. Du coup, on se retrouve avec un monde qui pourrait presque être celui de The Laundry. Je recommande donc la lecture de cette série, ce d’autant plus que les thèmes de l’horreur et de la Seconde Guerre mondiale sont à la mode.

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