Negură Bunget: Tău

Negură Bunget: Tău

Après ma précédente virée dans les étoiles, il est agréable de faire une balade dans les forêts fraîches et sauvages, surtout par ces fortes chaleurs. Bon, quand ces forêts se situent en Transylvanie, comme celles évoquées par le groupe de black-metal roumain Negura Bunget dans son nouvel album, Tău, il vaut mieux se préparer à des rencontres pas forcément des plus plaisantes.

Tău compte huit pistes, aux titres tous plus imprononçables les uns que les autres – sans même parler de leur retranscription; la plupart dépassent les cinq minutes, avec même dix minutes pour « Nămetenie ». L’album fait au total un poil plus de cinquante minutes.

On savait déjà que le métal et le folk avaient des atomes crochus, comme le prouvaient des groupes comme Eluveitie ou Saltatio Mortis. Le black-metal et le folk, c’est plus bizarre; question d’images en opposition, sans doute, mais à partir du moment où on admet l’un, ce n’est pas un si grand pas vers l’autre.

Tout ceci pour vous dire que, dans le genre, Negură Bunget est plutôt convaincant. On a des passages très mélodiques, malgré les growls; « Izbucul Galbenei » en est un bon exemple. Et, surtout, on a des enchaînements entre des passages purement folk et purement métal, comme sur « Nămetenie » ou « La Hotaru Cu Cinci Culmi ».

Negură Bunget me rappelle Stille Volk, pour son évocation de terres sombres, boisées et montagneuses; Transylvanie et Pyrénées, même combat! Bien sûr, l’ambiance musicale n’est pas la même et au folk tellurique, avec une palanquée d’instruments traditionels, se rajoute l’étiquette du black-metal, ses grognements, ses guitares loures et sa rythmique intense.

Mélange de genres surprenant, Tău est un album dépaysant, qui fait le grand écart entre deux mondes. Les amateurs de métal vont se retrouver plongés dans un monde de pierres, de bois et de légendes, et les fans de folk vont voir déferler les hordes barbares dans les montagnes. Le tout est chanté en roumain, ce qui rajoute encore à l’aspect fondamentalement étranger de l’expérience.

Si les mélanges un peu bizarres et exotiques, ne vous font pas peur, venez donc humer l’humus – et la cordite. C’est d’autant plus facile que Tău est disponible à l’écoute et au téléchargement sur Bandcamp (par contre, pour la lecture en noir sur vert foncé, on repassera).

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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