« Neptune’s Brood », de Charles Stross

"Neptune's Brood", de Charles Stross

Il faut reconnaître à Charles Stross un certain génie pour trouver des idées originales en SF et de construire des univers bluffants là-dessus. Témoin un de ses derniers romans, Neptune’s Brood, qui allie transhumanisme, hard-science et économie interstellaire.

Son héroïne, Trina Alizond-114, est une historienne et comptable, spécialisée dans l’histoire des fraudes, dans une civilisation interstellaire située 5000 ans dans l’avenir – et dans un univers qui est une évolution de celui de Saturn’s Children. Accessoirement, si elle se considère comme humaine, elle est une sorte de « robot biologique » composé de cellules artificielles.

L’idée géniale de Stross est d’inventer un système économique à trois vitesses: un « dollar rapide » pour les transactions au jour le jour, un « dollar moyen » pour les investissements à moyen terme (immobilier, par exemple) et un « dollar lent », qui sert principalement à fonder des nouvelles colonies spatiales.

Comme les voyages physiques vont bien moins vite que la lumière, les gens préfèrent télécharger leur conscience dans de nouveaux corps sur place – à la Altered Carbon, sans le côté cyberpunk. Mais, sur un espace humain s’étendant sur une cinquantaine d’années-lumière, les trajets de plusieurs années ne sont pas rares.

Après, Neptune’s Brood est un peu la preuve qu’une idée de génie ne fait pas nécessairement un roman génial. L’intrigue est largement moins intéressante que ses prémisses et plusieurs tons en dessous de celle de Saturn’s Children, avec en prime un protagoniste narrateur assez peu intéressant et une fin en queue de poisson.

Reste que les personnages secondaires sont vraiment sympas, entre les religieux fous de l’Église du Fragile (qui conservent les derniers spécimens de l’humanité encore biologique) et les corsaires biclassés vendeurs d’assurance. On notera au passage le clin d’œil très appuyé à l’essai Debt: The First 5000 Years, de David Graeber.

Neptune’s Brood est donc un roman globalement plaisant, qui vaut surtout pour ses excellentes idées. Les amateurs de science-fiction, entre hard-science et transhumanisme, y trouveront certainement leur compte. Je conseille également la lecture du « crib sheet« , sur le blog de l’auteur, dans lequel il explique les tenants et aboutissants de l’univers (attention: c’est blindé de spoilers).

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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