Neverdream: The Circle

Avec ce double CD The Circle, le groupe de métal progressif italien Neverdream nous offre une compilation de ses trente ans de carrière et de son style éclectique.

Sauf que non.

Si Neverdream est effectivement un groupe de métal progressif italien, il a été fondé il y a à peine dix ans et leur nouvel album n’est pas une compilation, mais un concept-album qui parle d’un mystérieux tueur en série.

Le problème, c’est que si on écoute l’album sans le savoir, c’est à peu près impossible de le deviner à la musique, qui passe d’un style à l’autre avec une absence d’à propos déconcertante. C’est limite du coq-à-l’âne-métal. On y croise des morceaux influencés par Dream Theater, Vanden Plas (avec d’ailleurs Andy Kunz en artiste invité), Riverside, plus du rock progressif plus classique et même des morceaux lyriques.

Le tout s’enchaîne, tout au long des quatorze morceaux (techniquement, c’est un double CD) et de l’heure et demie de l’album, avec une logique qui, en admettant qu’elle existe, m’échappe d’autant plus qu’un saxophone discordant vient régulièrement semer sa crème.

Si je parais un peu méchant sur cette chronique, je tiens néanmoins à dire que c’est en grande partie parce que je suis déçu. Neverdream a visiblement un potentiel musical non négligeable. Ce sont d’excellents musiciens et, si on peut pinailler sur l’originalité de leurs compositions, elles sont réalisées avec compétence et interprétées avec talent et conviction.

Des morceaux comme “Godless” ou “Hell’s Flower” ressortent nettement du lot et montrent qu’il y a vraiment du très bon dans cet album; à vrai dire, il n’y a aucune composition qui soit réellement mauvaise. Rien à redire là-dessus.

C’est juste que j’aimerais bien qu’à un moment donné, ils se décident sur un style et qu’il s’y tiennent pendant un peu plus longtemps qu’un morceau. De mon point de vue, un concept-album devrait avoir une certaine cohérence musicale; dans le cas de The Circle, c’est carrément le contraire.

Je me dois cependant de saluer Neverdream pour avoir eu l’audace de rendre l’intégralité de The Circle disponible gratuitement au téléchargement (le site a disparu, mais il est toujours possible de trouver des sites qui le proposent). Et, malgré tout ce que j’ai pu dire, je vous encourage à l’écouter: même s’il part dans tous les sens, The Circle renferme un bon nombre de pépites qui valent le déplacement.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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