Obiymy Doschu: Elehia

Retenez-bien ce nom: Obiymy Doschu. Je sais, ce n’est pas facile, mais si Elehia, premier album de ces Ukrainiens, est une indication, ça risque d’être une des très grosses surprises de 2011! Décidément, après Negură Bunget hier ou Kauan et Moon of Soul il y a quelques temps (sans même parler de Fromuz), les pays de l’est recèlent des trésors mieux cachés que celui des Templiers (et plus réels, aussi).

La musique de Obiymy Doschu se situe entre le rock progressif, le métal atmosphérique et le folk slave, ce qui déjà en soi n’est pas banal; on ne peut pas dire que ce carrefour soit très densément peuplé. De plus, pour se faire connaître, le groupe a choisi de mettre son album à disposition gratuitement sous licence Creative Commons (on peut aussi acheter leur CD), en téléchargement et à l’écoute (aussi sur Jamendo).

Autant dire que ça fait deux bonnes raisons pour aller l’écouter – trois si on compte le fait que je vous dis que ça en vaut largement la peine. Certes, Elehia est un album à éviter après des funérailles ou un jour de grosse déprime: les ambiances sont conçues pour évoquer l’automne ukrainien, qui semble être du genre “quand il ne pleut pas, ça veut dire qu’il neige”. Au reste, le nom du groupe signifie quelque chose comme “l’étreinte de la pluie”, c’est vous dire.

Beaucoup de pianos et de violons, un rythme plutôt lent et un chant en russe qui filerait le bourdon à une bonbonne de gaz hilarant, des morceaux tournant autour de 7 minutes en moyenne. Oui, mais c’est de la belle déprime; pour reprendre une vieille private-joke, c’est beau, mais c’est triste, mais on n’a pas pleuré (parce qu’on n’a pas cligné des yeux); et sur le final de “Pid Hmaramy”, par exemple, ce n’est pas forcément évident. Ces lascars savent y faire en matière de composition et sont également loin d’être manchots.

Alors prévoyez les anti-dépresseurs (à descendre avec une bonne bouteille de vodka, histoire d’être complètement dans l’ambiance) et installez-vous devant votre fenêtre à regarder tomber la pluie, Elehia sur la platine. Ceux d’entre vous qui survivront auront bien mérité de la Mère Patrie – ou, tout au moins, du rock progressif, qui a tout de même tué moins de monde.

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