Obsidian Kingdom: Mantiis

Même si mon blog est loin d’attirer les grandes foules, il m’arrive de recevoir dans mon courrier des nouveaux albums en service de presse. C’est le cas de ce Mantiis, du groupe espagnol – enfin, je suppose plutôt catalan, vu qu’ils sont de Barcelone – Obsidian Kingdom.

Si le groupe se définit comme du post-métal, je le trouve assez éloigné de ce que je considère comme les standards du genre (Isis ou Pelican, par exemple) et plus proche du métal progressif. De mon point de vue, c’est une bonne nouvelle: avec tous les récents albums de rock atmosphérique que j’ai chroniqué ces derniers temps, je commençais à m’endormir. Avec Obsidian Kingdom, le risque est à peu près nul.

Au reste, Mantiis propose une grande variété de styles différents, avec effectivement des passages post-rock/post-métal (l’intro « Not Yet Five »), du métal progressif avec inclusions d’instruments originaux (de la trompette?), une bonne dose de death (notamment avec des vocaux growlés), des morceaux quasiment prog années 1970 (« Genteel to Mention » et ses brillantes harmonies vocales, même si ça se termine en death) et même du stoner (le final «Ball-Room »/« And Then It Was »).

Ça fait beaucoup et, à vrai dire, ça fait parfois trop. Mantiis est censé être un concept-album, mais, comme souvent dans ce genre d’exercice, je trouve qu’il manque de cohérence. Le découpage des quarante-six minutes de l’album en pas moins de quatorze morceaux n’aide pas vraiment, même s’il y a beaucoup d’enchaînements (à noter que le sous-titre de l’album est An Agony in Fourteen Bites).

Cela dit, si l’on passe outre ce genre de considération, c’est un album remarquablement solide, servi par des musiciens talentueux et loin de la cohorte de clones plus ou moins réussis qui composent la majorité du métal progressif contemporain. S’il est facile de trouver les influences, elles sont bien intégrées et l’ensemble est, sinon original, du moins très imaginatif.

Si vous aimez le métal progressif éclectique et inventif, je ne peux que vous recommander Mantiis et, plus généralement, de garder un œil sur Obsidian Kingdom, car ce groupe à un très gros potentiel. Qui plus est, l’album est non seulement téléchargeable gratuitement sur Bandcamp – ce qui, au vu de la qualité, est plus que donné – mais de plus, le groupe a pour politique de proposer toute sa musique gratuitement.

Un groupe qui non seulement fait de l’excellente musique et qui, en plus, soutient une approche moderne à la rémunération des artistes, voilà qui mérite doublement un soutien!

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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