Oceansize: Self Preserved While the Bodies Float Up

Avec un peu d’expérience, le mélomane averti peut assez facilement deviner, d’après le titre de l’album, à quel genre il a à faire. Ainsi, le titre du dernier album d’Oceansize, Self Preserved While the Bodies Float Up, a un sérieux côté post-rock/post-métal de par sa longueur et son thème morbide. On peut avoir des surprises, mais, dans le cas présent, ça tombe assez bien; la pochette aide également pas mal.

Si le groupe anglais a reçu de par le passé de multiples étiquettes, allant du rock progressif au post-rock en passant par le space-rock, cet album est à classer aux côtés de groupes comme Isis, avec cependant une musique beaucoup plus recherchée, plus expérimentale, parfois volontairement déconstruite. En clair, faut s’accrocher, mais Self Preserved While the Bodies Float Up en vaut la peine.

L’influence Isis s’entend assez nettement dans le premier morceau, « Part Cardiac » et, dans une moindre mesure, le suivant « SuperImposer »; par la suite, le groupe explore de multiples approches musicales, souvent en même temps dans un seul morceau. « Build Us a Rocket Then… » est un assez bon exemple: il déboule à grande vitesse et part un peu dans tous les sens; si quelqu’un a bel et bien construit une fusée, c’est avec des bouts de machine à coudre soviétique trouvés dans une décharge.

En fait, ce qui m’impressionne le plus dans cet album, c’est le côté déconstruit que l’on trouve dans la plupart des morceaux; même les très calmes « Oscar Acceptance Speech » ou « A Penny’s Weight » contiennent des vocaux qui rappellent un peu le travail de Peter Hammill dans Van der Graaf Generator. Cela augmente l’ambiance bizarre façon fin du monde ou fantastique urbain induite par les instrumentations post-rock. Il y a ça et là quelques pétages de plomb qui montrent, à l’image de « It’s My Tail and I’ll Chase it if I Want To », que le groupe ne semble pas se prendre trop au sérieux, mais ils ne déparent pas forcément de l’ensemble.

S’il y a quelques passages plus faibles, comme « Ransoms », l’ensemble de Self Preserved… est de très haute volée. C’est le genre de concept, un peu expérimental et à la croisée de multiples genres, qui amènent un souffle nouveau dans ces mêmes genres. Ce n’est pas forcément l’album que j’écouterais en boucle toute la journée, mais ça fat du bien de se ressourcer les oreilles, de temps à autres.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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