“One Way Forward”, de Lawrence Lessig

C’est – une fois de plus – sur la foi d’un article paru dans BoingBoing que j’ai acheté, puis lu le manifeste One Way Forward signé Lawrence Lessig. Ce fut également pour moi l’occasion d’une première expérience de lecture sur liseuse électronique – en l’occurrence mon iPhone muni de l’application Kindle.

Le sujet de ce court ouvrage (une soixantaine de pages, sans les annexes), sous-titré The Outsider’s Guide to Fixing the Republic, est la corruption politique et une proposition d’une méthode pour régler le problème. L’idée de Lessig, en gros et en très résumé, est de remplacer l’actuel système, fait de dons massifs et pas vraiment désintéressés par des corporations, par des dons de particuliers – les électeurs – incités par des rabais d’impôts, pour un maximum de 100$ par personne.

Je vous le mentionne en passant, parce que si c’est le propos principal apparent de l’ouvrage, j’ai personnellement trouvé que son intérêt était ailleurs. D’une part, il touche du doigt un problème qui n’est pas unique à la démocratie américaine: celui du financement des partis et des campagnes politiques. Je vous ai récemment parlé de l’initiative suisse pour la transparence des financements politiques: on est en plein dedans.

L’autre aspect traité, plus ou moins en filigrane, c’est celui de la polarisation de la politique. Les pages où Lessig explique que, sur ce point, les nouveaux mouvements politiques américains que sont le Tea Party et Occupy Wall Street se rejoignent, mais refusent de se parler pour des raisons purement idéologiques, sont frappantes.

C’est aussi quelque chose qui est douloureusement visible en France, surtout, mais aussi de plus en plus en Suisse. À cet égard, j’avais d’ailleurs mentionné que l’initiative sur la transparence que j’évoquais plus haut était soutenue par des personnalités d’un peu tous les partis suisses, sauf par les partis eux-mêmes.

Quand j’étais djeunz et r3b3lz, je n’aimais pas l’idée du compromis. Aujourd’hui, je me rends compte que c’est une des composantes centrales d’un système démocratique qui fonctionne à peu près correctement. Cela ne signifie pas pour autant, comme le mentionne Lawrence Lessig, que les protagonistes doivent tomber dans les bras les uns des autres, mais bien que les acteurs du monde politique devraient avoir suffisamment de recul pour voir là où il peut y avoir une alliance objective. Au reste, beaucoup de politiciens établis de longue date ont très bien compris cela quand il s’agit de préserver leurs intérêts.

Si donc vous avez un petit voyage en train devant vous (une heure suffit, si vous avez un niveau correct d’anglais), je vous conseille la lecture de One Way Forward. En format électronique, il n’est hélas dispo que sous Kindle d’Amazon (donc avec DRM), mais connaissant Lessig, il est capable de lâcher son texte sous licence Creative Commons si ça commence à chouiner au niveau des droits.

EDIT (18 août 2015): comme supposé, il l’a fait. One Way Forward est dispo sous licence Creative Commons.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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