PayPal vs COBRA (si seulement…)

Il y a des coups de Cosmogun qui se perdent! J’avais déjà parlé il y a quelques temps sur la scandaleuse suspension par PayPal des paiements à des éditeurs de littérature érotique, cette fois-ci c’est l’éditeur de jeu de rôle Pulp Fever (entretemps devenu Game-Fu) (EDIT 15/8/2014: aujourd’hui Game-Fu) qui se voit puni… parce que les ventes de leur prochain jeu, Space Adventure COBRA, provoque un pic d’activité sur leur compte.

Résumons: PayPal, qui est à peu près le seul moyen légal et accessible à l’utilisateur lambda pour faire des paiements en ligne – ce qui revient peu ou prou à un monopole de fait – panique parce qu’un utilisateur reçoit plus d’argent que d’habitude et que cet argent vient d’une activité (la prévente) que PayPal considère comme “à risque” pour cause de litiges potentiels.

Bon, pour être très honnête, la frilosité de PayPal est compréhensible, mais, d’une part, je cherche encore sur le site à quel endroit il est mentionné que la prévente est une activité “à risque” (et je soupçonne que, dans ce cas, “DTC” soit une réponse correcte) et, d’autre part, la réaction est pour le moins extrême: on bloque tout et on demande un dépôt de garantie de €50 000. Rien que!

C’est vraiment un sale coup pour Pulp Fever, vu que ça leur bloque leur trésorerie pile au moment où ils sont partis pour lancer un jeu qui a toutes les chances d’être un gros carton (encore que, depuis les déboires de la “campagne lupanar”, je me méfie des gros cartons, surtout quand ils transitent par les douanes suisses). Ils envisagent une action en justice et je ne peux que leur souhaiter tout de bon, comme on dit chez nous.

Je sais par expérience (professionnelle) que PayPal peut être abominablement chiant pour ce qui est des vérifications: si on veut un compte autre que “blaireau lambda qui achète sur eBay et paye ses logiciels”, ça demande mille douze vérifications. Je peux comprendre qu’il y a des dispositions légales qui doivent être respectés et que PayPal n’aimerait pas se voir impliquer dans une histoire de blanchiment d’argent ou de trafic illicite, mais c’est typiquement le genre de cas – trop courant – où la sécurité se fait au détriment de l’utilisateur.

C’est aussi une énième représentation du problème que posent certains services en ligne quasi-monopolistiques: impossibles à contourner et dotés d’administrations kafkaïennes, entre conditions d’utilisation écrites par un service juridique américain, services administratifs dans un paradis fiscal et centre d’appel en Bosno-Moldavie inférieure.

Je dois avouer qu’au-delà du problème immédiat, c’est une tendance qui commence à me faire peur pour l’avenir et, pour finir sur une note plus légère (encore que), je me permets de vous diriger vers deux articles récents: In the Year 2022, de Warren Ellis, et qui vaut surtout pour ses deux derniers mots, et Le monde selon Google, une quasi-fiction de Ploum, dont la conclusion fait elle aussi froid dans le dos.

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