Pendragon: Passion

J’aime bien Pendragon et l’arrivée d’un nouvel album – en l’occurrence le plutôt bien nommé Passion – m’apparaît comme une bonne nouvelle. Jusqu’à ce que j’essaye d’écrire cet article et que je me demande comment faire pour ne pas répéter ce que j’avais écrit pour le précédent album, Pure. Car ce nouvel album est dans la ligne: son plus rugueux, plus énergétique, limite métal, tout en gardant l’identité du groupe.

En fait, on peut tout aussi bien dire que Pendragon fait toujours la même chose, mais également qu’aucun des albums n’est exactement pareil au précédent. Le néo-prog des vétérans britanniques a toujours son son à lui et à (presque) personne d’autres, mais reste ouvert sur d’autres pistes musicales, comme le prouve d’entrée de jeu la piste-titre, “Passion”, qui – après une intro à la Voyage de Noz – part d’un coup en growl, juste histoire de dire. Venant de Pendragon, ça surprend.

Au reste, “Empathy”, qui est sa suite directe, apporte également son lot de sonorités surprenantes: riff aggressif, vocaux décalés et une deuxième partie qui semble être carrément un morceau différent, autant que la première semble la continuation de “Passion”, pour aller plus dans l’univers musical du Pendragon archétypique. Car oui, Pendragon reste Pendragon, n’en doutez pas une seconde – même quand Nick Barrett, le chanteur au timbre unique, s’essaye au slam!

Passion me laisse néanmoins une impression mitigée; c’est un peu comme de croiser un vieux pote avec une coupe de cheveux improbable: le changement dérange d’autant plus qu’il ne change absolument rien au fond. C’est une sensation assez bizarre: que le groupe fasse évoluer son univers musical, je suis pour; je suis également très enthousiaste, juste parce que Pendragon, alors d’où vient cette pointe de déception – mis à part de mon vieukon intérieur qui fait son intéressant, s’entend?

Peut-être ai-je l’impression que le groupe cherche encore sa voie et que Passion est un album de transition vers quelque chose de nouveau? Je n’en sais rien au juste, mais que mes doutes existentialistes de progosaure ne vous empêchent nullement d’apprécier cet album pour ce qu’il est, ce que vous croyiez qu’il soit ou ce qu’il veut être: dans tous les cas, il est difficile de se tromper avec cette bande de furieux.

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