Perfect Beings

Perfect Beings (attention: autoplay à la con), ce fut un peu le buzz de ce début de l’année dans la petite communauté du rock progressif. L’album du groupe éponyme (et néanmoins américain) a été chroniqué par un peu tous mes sites préférés et, du coup, je n’ai pas pu passer à côté. Oui, parfois je suis très influençable, mais en même temps, à quoi sert de suivre ce genre d’info, sinon?

Disons les choses ainsi: si je comprends très bien comment des amateurs de prog à l’ancienne, voire de pop britannique façon Beatles, peuvent s’enthousiasmer pour le rétro-progressif de Perfect Beings, je suis un peu moins impressionné.

Pas tant que je sois du genre « on ne me la fait pas à moi », mais, d’une part, je ne partage pas l’amour immodéré que beaucoup de gens de ma génération portent aux Beatles et, d’autre part, je suis extrêmement chiant en ce qui concerne le rétro-progressif.

Ceci dit, je veux pas non plus dire que Perfect Beings est un mauvais album, ni même que je ne l’aime pas. Il y a beaucoup à admirer dans les dix pistes et cinquante-deux minutes de l’album. Au reste, entre les titres pop de deux minutes et demie et les longs délires de pur progressif dépassant les six minutes, il y en a un peu pour tous les goûts.

Ainsi, j’apprécie particulièrement les accents crimsoniens mâtinés de Genesis dinosaurien de « Bees and Wasps », les mélodies hypnotiques inspirées de Yes pour le bien nommé « Walkabout » et ses neuf minutes. Je suis moins enthousiaste sur certains titres, comme « Removal of the Identity Chip », malgré ses élans à la The Lamb Lies Down on Broadway et son titre très SF; comme souvent, les parties chantées sont moins intéressantes que les instrumentaux.

De façon générale, Perfect Beings donne une grande impression de maîtrise: les musiciens connaissent leur registre et savent se servir de leurs instruments; la production est de plus de très bonne qualité.

L’ensemble respire le professionnalisme et la passion: il est évident que les auteurs sont des grands fans du genre et ne se contentent pas de copier ce qui s’est fait il y a quarante ans, mais retravaillent et mélangent les sonorités, tout en leur donnant une pertinence contemporaine, voire futuriste.

C’est l’exemple du « bon » rétro-progressif (insérez ici blague rôliste). Reste que, pour moi, il manque la petite étincelle qui fera de cet album bien fait un vrai chef d’œuvre dans mon panthéon du rock progressif. Non, ce n’est pas sexuel. Peut-être est-ce un album trop auto-référent – ou pas assez, allez savoir…

Cela dit, chef d’œuvre ou non, je recommande aux amateurs de jeter une oreille à Perfect Beings. Ce n’est pas non plus parce que j’ai des goûts de chiottes que je devrais décourager les autres.

En bonus, “Bees and Wasps”, dont je vous parlais plus haut:

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